Urgences : dernière ligne droite pour la mission flash

Paris, le lundi 21 juin 2022 – Le 31 mai dernier, Emmanuel Macron annonçait le lancement d’une « mission flash » d’un mois sur la crise des urgences et la confiait au Dr François Braun patron du syndicat SAMU-Urgences de France et conseiller du Président.

François Braun et son « binôme administratif » Thomas Deroche, directeur général de l’ARS de Normandie ont d’abord rassemblé 150 propositions.

Des cabines de télémédecine à l’entrée des urgences ?

Selon les informations du Journal du Dimanche, elle ne serait désormais plus que 40.

« Des réunions d’arbitrage politique, d’évaluation financière et de faisabilité juridique vont se tenir en début de semaine entre le ministère de la Santé, Matignon et l’Élysée » rapport le journal dominical. Une première salve de mesure sera annoncée avant l’été.

L’idée générale serait de « trier » les patients en amont des urgences et de mettre fin à l’accès libre à ces services.

Selon les premières conclusions du groupe de travail constitué d’urgentistes et de syndicalistes, ce tri d’amont nécessiterait de favoriser la délégation de tâche. Si l’idée n’est pas neuve, la méthode retenue l’est davantage.

Il s’agirait d’installer des cabines de télémédecine à l’entrée des Urgences : là un infirmier s’occuperait des « petites urgences » en lien avec un praticien accessible en visioconférence via un flux sécurisé.

La mission discute également des rémunérations et pencherait en faveur d’une revalorisation du travail de nuit, des gardes le week-end dans les hôpitaux, des astreintes des généralistes en soirée et en fin de semaine ou lors de la prise en charge d’un patient inconnu.

Une deuxième série de mesures plus structurelles attendrait quelques semaines avant d’être mises sur la table. Il s’agirait en particulier d’accélérer le déploiement du numéro téléphonique unique du service d’accès aux soins.

Le naufrage des urgences pédiatriques

Au lendemain de ces « fuites » dans le Journal du Dimanche, c’était au tour des pédiatres de sonner l’alarme.

Un ensemble d’organisations pédiatriques* rapporte qu’une soixantaine de services de pédiatrie et d'urgences pédiatriques sont en difficulté et pourraient suspendre tout ou partie de leur activité cet été y compris dans des CHU comme l’emblématique hôpital Necker à Paris.

Outre les difficultés déjà évoquées pour les urgences adultes, les pédiatres soulignent un déficit historique de moyens en personnels et en matériels des urgences pédiatriques, sur tout le territoire, ainsi que le manque de lits d'aval. A ces difficultés de l’hôpital public s’ajoute une « très faible » offre de soins d’urgences spécialisées pour les enfants et les adolescents dans le secteur privé.

Reste à savoir quel ministre de la santé mettra en œuvre la réforme nécessaire des urgences françaises…


* Conseil national professionnel de pédiatrie (CNPP) ; Société française de pédiatrie (SFP) ; Association française de pédiatrie ambulatoire (AFPA) ; Groupe francophone de réanimation et d’urgences Pédiatriques (GFRUP) ; Syndicat national des pédiatres des établissements hospitaliers (SNPEH) ; Syndicat national des pédiatres français (SNPF).

X.B.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions (2)

  • J'en rêve encore

    Le 21 juin 2022

    Il s’agirait d’installer des cabines de télémédecine à l’entrée des Urgences : là un infirmier s’occuperait des « petites urgences » en lien avec un praticien accessible en visioconférence via un flux sécurisé.
    Chronophage +++
    Si un praticien est accessible il est accessible point !
    Les soignants n'en peuvent plus et on propose des emplâtres sur des jambes de bois.

    Je viens de passer 5h30 aux urgences pour une entorse d'orteil hyperalgique que l'on n'a pas réussi à réduire, que l'on n'a pas soulagé par une fixation adéquate, que l'on ne m'a pas non plus demandé comment j'allais me déplacer.
    Pendant ce temps :
    -un homme pyrétique et algique ++ traité dans les jours précédent pour morsure de chien envoyé en maison médicale à 5 km de là sans jeter un oeil sur ce qu'il présentait;

    -une morsure de chien : au bout de 2h et demi la main du patient n'avait été ni examinée ni nettoyée et sa prévention du tétanos non faite (patient de 45 ans avec mauvaise vascularisation et ATCD de phlébite vu l'état de sa jambe droite;

    - une chute en trottinette jeune homme de 16 ans hématome face externe de la jambe avec douleur plus de façon concomittante céphalées et fièvre à 40°, covid en attente d'élimination, non encore testé deux heures et demi après, pas de fracture, RAD. A savoir adressé par son généraliste aux urgences d'un hôpital privé faisant fonction de public, qui l'a envoyé vers un autre établissement au bout de 2 heures la radio ne pouvant être faite en raison d'une panne informatique empêchant sa prescription (au secours ! vite mon bic et mes ordos);

    - Coliques néphrétiques (vu l'agitation du patient et ses douleurs abdominales) se faisant pourrir par l'infirmière parce qu'elle voulait qu'il accède seul au brancard et qui plus est l'accusant de jeter ses chaussures qui venaient de tomber malencontreusement du brancard;

    -Et entre autres un abruti venu chercher à 22h un arrêt de travail pour une soi-disant entorse de la cheville non immobilisée et se voyant gratifier de 28 jours d'arrêt !

    Dr F Albertini

  • Quel diagnostic ?

    Le 26 juin 2022

    Exemple, epigastralgie chez sujet âgé. Anévrisme qui va fissurer? Infarctus posterieur? Gastrite? Ulcère? Pb rachis? Pancreatite? Autre?...Quel infirmier dans une cabine de tri est capable d'orienter, de chercher les références douloureuses, d'ausculter, de reconnaître des signes extradigestifs?
    Emplâtre sur jambe de bois. J'ai eu personnellement affaire à une IPA lors d'une lombalgie irradiée vers le creux inguinal, et qui doutait de mon évocation de colique néphrétique (alors que je suis hélas un habitué) qui tentait de m'orienter vers un pb rachidien...
    NON à la braderie de la sémiologie et de l'examen clinique. Pour avoir enseigné pendant des années à des infirmières dans le cadre d'un DU douleur (120 heures), quand je vois que la seule chose qui leur reste est l'EVA, je me dis que j'ai mal fait mon boulot.

    Pr André Muller

Réagir à cet article