Urgences : le changement dans la vélocité

Paris, le mercredi 18 septembre 2019 -  Une semaine après l'annonce de son « Pacte de refondation pour les urgences », le ministre de la santé, Agnès Buzyn, peut-être inquiète de constater que la grogne ne se calme pas, annonce une accélération de la mise en place des mesures présentées.

« J'ai décidé d'accélérer. Donc je mets en place dès cette semaine trois groupes de travail », a ainsi prévenu la ministre sur Europe 1, alors que la grève des urgences, entamée il y a six mois par les personnels paramédicaux, se poursuit avec le renfort des médecins de l'Association des médecins urgentistes de France (AMUF) et de ceux de l’APH (Action praticiens hôpital).

Ces groupes de travail plancheront sur la façon de « dégager des lits d'aval dans les hôpitaux » et mèneront également « un travail sur les compétences des infirmiers, des aides-soignants », dont il faut « valoriser » et « reconnaître » les compétences. « Nous allons travailler sur les nouveaux gestes qu'ils vont pouvoir faire, et les valoriser financièrement », a-t-elle poursuivi.

« Et puis, nous allons travailler aussi sur le service d'accès aux soins », le fameux SAS.

Le même jour, Agnès Buzyn a rendu visite aux urgences de l’hôpital d’Argenteuil dans un service dont l’organisation permet de limiter les risques d’engorgement.

En mars 2018, elle s’était rendue à l’hôpital Victor Dupouy dont les urgences traversaient une situation de crise et programmaient une grève. Dix-huit mois plus tard, Agnès Buzyn a pu saluer les initiatives des responsables de l’équipe pour calmer les tensions et s’est enthousiasmée pour une « unité de médecine d’orientation » nouvellement créée qui peut accueillir pendant 24 heures les patients en attente d’hospitalisation. « Il n’y a pas de bruit, d’agitation, d’inquiétude » s’est réjouie Agnès Buzyn, peut-être venue chercher un havre de paix dans la tourmente.

Xavier Bataille

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Vos réactions (1)

  • Revaloriser les salaires des soignants au plus vite

    Le 20 septembre 2019

    Ce n'est pas qu'aux urgences qu'il faut revaloriser les salaires du personnel soignant para-médical mais sans tous les secteurs des hôpitaux, en moyenne avec une perte de 10 % du pouvoir d'achat avec le blocage du point d'indice. Nous attendons toujours pour les IDE et IBODE une remise à niveau des salaires en fonction du niveau d'études, qui doit passer par une réingénérie de nos métiers, mais cela se fait attendre malgré les promesses des gouvernements successifs.L’hôpital français est en crise depuis trop longtemps avec une logique FINANCIÈRE qui ne peut s'appliquer à un système de soins public, il faut revaloriser les salaires des soignants au plus vite pour éviter une crise plus grave.

    Rappelons que les infirmiers (et spécialisés) français sont parmi les plus mal payés d’Europe occidentale.

    Madame la Ministre vous qui étiez médecin vous devriez encore plus qu'une autre être sensible à la détresse du monde hospitalier, une activité en croissance permanente avec des moyens financiers en chute libre et de moins en moins de personnel et de lits pour soigner une population vieillissante et en augmentation.

    Emmanuel Amerger

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