Vin : des étiquettes plus transparentes à partir de décembre 2023

Paris, le mercredi 15 mars 2023 – La Commission européenne vient de l'acter : les règles en matière d'étiquetage du vin seront désormais plus strictes. Les producteurs devront notamment préciser les éventuels additifs et conservateurs contenus dans le vin.

Calories, sucres ajoutés, additifs, conservateurs… À partir du 8 décembre 2023, les bouteilles de vin et les cubis devront préciser ces éléments sur leur étiquette. Après des négociations avec les syndicats et les producteurs de vin européens, la Commission européenne a pris la décision d'harmoniser et de durcir les règles en matière d'étiquetage. Une mesure qui devrait permettre d'améliorer la transparence pour les consommateurs, sur le modèle de tous les autres produits alimentaires.

Des étiquettes plus précises et plus transparentes

Le raisin est loin d'être le seul ingrédient intervenant dans la fabrication du vin : y sont également ajoutés les saccharoses, les moûts de raisin, mais aussi parfois des additifs, des conservateurs, stabilisateurs, gaz, antioxydants… Ce sont donc les nombreux ingrédients à la lettre « E » qui devraient faire leur apparition sur le dos des bouteilles de vin : acide citrique (E330), acide lactique (E270), etc. « Nous avons déjà l'obligation en cave de tenir des registres qui en font la liste, et nous sommes d'ailleurs très précisément contrôlés », précise le Comité national des interprofessions des vins à appellation d'origine et à indication géographique (CNIV).

Mais cet étiquetage pourra en réalité prendre la forme d'un QR code, la liste complète des ingrédients sera donc, la plupart du temps, dématérialisée. « Un moindre mal », souligne Bernard Farges, président du CNIV. « Il fallait que cette réglementation soit financièrement supportable et qu'elle ne perturbe pas complètement la présentation de la bouteille », ajoute-t-il.

Le vin n'aura finalement pas de Nutri-Score

En plus du besoin de transparence pour les consommateurs, la Commission européenne a aussi et surtout voulu harmoniser les règles d'étiquetage dans l'intégralité de l'Union européenne. « Le risque était qu'on se retrouve avec 27 réglementations différentes dans un marché unique. Mieux valait réussir à mettre sur pied un texte commun acceptable par tous », explique Bernard Farges.

Cette volonté d'harmoniser vient également des producteurs eux-mêmes. En 2022, plusieurs vignerons italiens avaient écrit une lettre à Emmanuel Macron pour exprimer leur désaccord quant à la volonté d'afficher un Nutri-Score sur les bouteilles de vin — score qui aurait dans tous les cas été négatif (lettre F). Cette réglementation européenne enterre donc définitivement le Nutri-Score, au profit de nouvelles règles, plus adaptées au vin.

« Il est apparu que la valeur énergétique avait plus de sens pour le consommateur que l’étiquetage du tableau nutritionnel complet (matières grasses, acides gras saturés, sucres, protéines, sel) », affirme Bernard Nardeux, qui travaille à la Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes (DGGCRF). « En effet, le vin ne contient ni sel, ni protéines, ni graisses. C’est pourquoi les institutions européennes ont autorisé l’étiquetage de la seule valeur énergétique sur l’étiquette des produits (en kcal ou kJ), les autres informations pouvant être renvoyées sur Internet ».

La nouvelle réglementation entrera en vigueur le 8 décembre 2023.

Raphaël Lichten

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions (2)

  • Nutriscore : une "fausse" réelle information

    Le 15 mars 2023

    Le nutriscore est une belle ânerie sauf à ne pas savoir qu'une alimentation se juge dans sa globalité et non dans un seul de ses composants. Par ailleurs, rien dans le nutriscore ne quantifie le risque lié à la transformation physicochimique subie par les aliments. Il aurait été beaucoup plus préférable de fournir une information plus liée à la composition nutritionnelle détaillée et de mettre l'accent sur les additifs et la transformation physicochimique.
    Ce nutriscore est plus du marketing pour faire croire à la population que l'Etat est vigilant.

    Dr C Trape

  • Nutriscore : un message erroné

    Le 17 mars 2023

    Le rôle de l'étiquetage alimentaire n'est certainement pas d'informer le public, mais de contraindre les producteurs. En introduisant dans le libre marché un facteur qui pénalise certains produits, il pèse sur l'offre afin de réduire la part des moins vertueux. C'est donc effectivement une technique de marketing. Elle n'est d'ailleurs pas inefficace : il s'avère qu'elle influence les choix de denrées industrielles et leur composition.
    Il s'agit aussi de marketing politique : le gouvernement fait savoir qu'il prend garde à la qualité des aliments pour la santé des... électeurs. De ce point de vue, peu importe de savoir si le système institué a la moindre validité scientifique et la moindre efficience sanitaire.
    Mais l'affichage d'un score n'est pas une information nutritionnelle. C'est une description technique qui n'a guère de sens, dans la mesure où elle additionne un grand nombre de notions totalement sans rapport, qu'elle mélange en n'indiquant aucune quantité interprétable en termes alimentaires, et où elle introduit surtout des préjugés totalement arbitraires sur la nocivité relative de tous les constituants listés, dont certains en sont même totalement dénués.
    Enfin cet affichage est un détestable message adressé au public, qui lui fait croire que la qualité de son alimentation dépend de la composition du produit qu'il achète, alors que ce qui importe s'évalue sur la durée : la variété des denrées, la fréquence et la quantité de chaque type. En outre, au sein de classes alimentaires à éviter, le score en vient à conférer un signal encourageant au produit le moins déplorable, tandis qu'il confère des signaux décourageants à des aliments recommandables sous prétexte qu'ils ne sont pas les mieux-disants de leur classe.
    Le Nutriscore n'est pas de meilleure qualité que les produits qu'il discrimine. Faute de mieux, la politique sanitaire s'en nourrit, mais ce n'est pas sans fâcheuses externalités.

    Dr Pierre Rimbaud

Réagir à cet article