Y a-t-il un médicament pour empêcher la Covid-19 ? Pas vraiment…

Un très grand nombre de travaux ont été consacrés à la recherche de médicaments pour la prophylaxie de la Covid-19. Il est vrai qu’il existe des prophylaxies médicamenteuses pré et post-exposition pour d’autres maladies virales, comme l’hépatite B ou l’infection à HIV. Elles sont proposées aux populations à risque et ont fait la preuve de leur efficacité. Tenter de trouver une même approche vis à vis de l’infection à SARS-CoV-2 semble donc tout à fait justifié.

Une méta-analyse publiée par le British Medical Journal, et réalisée par une équipe internationale, fait le point sur les données en cours sur ce sujet. Les auteurs ont retenu 11 essais randomisés contrôlés, contre placebo ou pas de traitement, répondant aux critères d’éligibilité : 6 évaluant l’hydroxychloroquine, 2 l’ivermectine, 1 l’ivermectine associée au iota-carraghénane, 1 le ramipril et 1 la bromhexine.

Inefficacité de l’hydroxychloroquine, doutes sur l’ivermectine (et autres)

Les résultats confirment que l’hydroxychloroquine n’a pas d’efficacité en prévention du risque d’hospitalisation (différence de risque 1 hospitalisation de moins pour 1 000 participants ; l’intervalle de confiance allant de 3 patients en moins à 4 patients en plus). L’efficacité sur la mortalité est du même ordre (1 en moins pour 1 000 personnes ; intervalle de confiance à 95 % [IC] 2 en moins à 3 en plus). Quant à l’impact sur le risque d’infection confirmée au laboratoire, il n’est pas plus significatif et pourrait même être contraire au but recherché (2 en plus ; IC 18 en moins à 28 en plus). Les effets indésirables ne sont pas rares, conduisant à l’interruption du traitement dans 19 cas sur 1000.

Les risques importants de biais et de fortes imprécisions dans les études interdisent de conclure à l’efficacité de l’ivermectine seule ou combinée au iota-carraghénane. Les essais portant sur le ramipril et sur la bromhexine n’ont pas été analysés car ils comportaient moins de 100 patients.

Les conclusions de cette revue sont dans la même ligne que les données déjà publiées. Les auteurs précisent que l’analyse porte sur les articles les plus récents mais il n’est pas impossible que d’autres travaux en cours actuellement viennent en modifier les résultats. En attendant, les mesures préventives et la vaccination constituent une prophylaxie efficace.

Dr Roseline Péluchon

Références
Bartoszko JJ. et coll.: Prophylaxis against covid-19: living systematic review and network meta-analysis. BMJ 2021;373:n949. doi.org/10.1136/bmj.n949

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Vos réactions (18)

  • Question sur l'octoféne (au Dr Peluchon)

    Le 29 avril 2021

    Quid de l’octofene (clofoctol), essai de Pasteur ?

    Dr Patricia Erbibou

  • Jusqu'à quand !

    Le 30 avril 2021

    Jusqu'à quand allez vous pouvoir tenir ce petit jeu de : "oui l'ivermectine c'est pas mal, mais il faudrait d'autres études pour en être sur".
    Alors voilà l'état de la littérature sur l'ivermectine (https://c19ivermectin.com/) , 89 études dont 27 randomisées contre placebo, quasiment toutes montrant environ 80% de réduction des cas graves et de la mortalité et très certainement encore plus actif en prophylactique où on approche les 95%. Enfin elle semble avoir une action sur les covid long, 300 fois moins d'effet secondaire que le doliprane. Médicament pas cher, 50 ans de recul, à prendre per os.
    Beaucoup de pays l'utilisent maintenant de manière officielle, Tchéquie, Japon, Colombie, Panama...liste non exhaustive, avec des résultats spectaculaires.
    Alors maintenant, indépendamment de son efficacité supposée ou réelle, je voudrais juste qu'on m'explique pourquoi on ne fait pas un grand essai national de ce médicament, ce qui nous permettrait de trancher. Pour l'instant la seule défense officielle des instances ANSM (+INSERM), EMA, OMS, c'est : "oui l'ivermectine c'est peut-être pas mal, mais il faudrait d'autres études pour en être sur". Cette formule de politesse tue tout les jours plusieurs centaines de personnes. Honte à vous ! Lisez les publications.

    Dr Vincent Bentolila

  • Doutes sur l'ivermectine ? Oui chacun peut douter

    Le 30 avril 2021

    Doutes sur l'ivermectine? Oui chacun de nous peut douter ou avoir peur de prescrire une molécule prescrite par les vétérinaires depuis 30 ans sans qu’aucun ne s’en plaigne. Déjà il n’est plus besoin de tester la molécule sur des animaux. C’est fait sur toutes les races. Un ami tunisien sceptique s’aperçoit qu’il traite ses moutons avec de l’ivermectine sans en perdre un. Le voilà troublé.

    Dans ces conditions est-ce suffisant pour refuser toute modalité de traiter spécifiquement le virus et confier tout notre avenir anti-Covid à des vaccins de plus en plus soupçonnés d’être des producteurs de variants de plus en plus nombreux ?

    L’ANSM pour justifier son refus de RTU de l’ivermectine (connue pourtant chez l’homme contre la gale et contre les filarioses) par exemple balaye d’un revers une demi-douzaine de méta analyses importantes consacrées à cette modalité de traitement du coronavirus : Kory (USA), Hill (GB), Nardelli (Italie), Guillausseau (France), Bryant/Lawrie (GB), Cobos-Campos (Espagne, C19Ivermectine, Ivmeta).

    Comment prend-elle cette grave décision ? Au seul prétexte qu’elles n’ont pas fait l’objet d’une validation par un comité de lecture, et qu'elles comportent des études ayant des insuffisances méthodologiques. Bien ! Est-ce suffisant pour refuser en bloc, ne serait-ce que de lire ?

    Bien ! En ce qui concerne la lecture ou relecture par un comité, quelles sont les compétences des membres de cette agence qui n’ont pas la capacité de lire et analyser eux-mêmes ces études ?

    L’ANSM, pour valider un autre médicament avec une seule étude du labo concerné, pour valider un cocktail de vaccins sans aucune étude préliminaire non publiée ne fait pas autant d'obstacles.

    Pourquoi ce deux poids deux mesures ?

    Pourquoi ces métas analyses sont ainsi écartés ? Elles arrivent, pourtant toutes aux mêmes conclusions : l’utilisation de l’Ivermectine divise par 4 à 5 la mortalité de la Covid, et dans 80% des cas les troubles disparaissent deux fois plus vite. Il faut lire !

    L’ANSM cite ensuite la position du HCSP aux positions pourtant contradictoires. Et celle de l’Agence Européenne du Médicament. Or l'EMA reconnaît dans un communiqué ne pas avoir été saisie du dossier et ne cite qu’une seule étude, in vitro, alors qu’ici il est question des études et de l’utilisation chez l’homme. Cela ne suffit pas pour refuser l’usage?

    L'ANSM n’évoque pas la position de l’OMS qui, elle aussi, est dans le doute. Voyons le premier paragraphe de la conclusion d’Andrew Hill sur lequel l’OMS s’appuie : « Cette méta-analyse de 18 ECR portant sur 2282 patients a montré une amélioration de 75% de la survie, un délai de récupération clinique plus rapide et des signes d’un effet dose-dépendant de la clairance virale chez les patients recevant l’ivermectine par rapport au traitement témoin. »

    l’ANSM aurait, au moins, pu contacter les spécialistes qui en France connaissaient le mieux l’ivermectine pour avoir travaillé le sujet.

    Ainsi le laboratoire Medincell qui prépare un dossier avec des études pour une AMM concernant une forme injectable d’ivermectine à action prolongée, avec une grosse publication sur la sécurité du médicament faite par Jacques Descotes, professeur émérite à l’Université Claude Bernard à Lyon.

    Jean-Pierre Changeux de l’Académie des Sciences, professeur honoraire au Collège de France et à l’institut Pasteur, et Pierre-Jean Guillausseau de l’Université de Paris Sorbonne, auteur d’un gros travail d’analyse des études étrangères auraient pu être consulté. Aucun ne l'a été.

    Pas plus qu’il n’a été fait des constatations très positives faites dans deux Ehpads en France en début d’épidémie et portées à la connaissance des autorités.

    Aucun médecin prescripteur d'ivermectine n’a été contacté pour évoquer son expérience, alors que ce sont ces remontées de terrain qui font les découvertes.

    Méconnaître le terrain est toujours source de regrets. Ainsi le baclofène a fini par avoir une RTU dans l’addiction alcoolique, sans aucune étude clinique, montrant qu’il existe d’autres moyens que les études étrangères pour évaluer l’efficacité d’un médicament.

    Dr Jean Doremieux

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