Au moins 2 millions de Français pourraient avoir été atteints de Covid longue

Paris, le 22 juin 2023 – L’affection post-Covid-19 plus communément dénommée Covid longue est définie par l’OMS par un ou des symptômes (fatigue, toux, essoufflement, perte du goût ou de l’odorat etc.) apparaissant généralement dans les 3 mois suivant une infection initiale par SARS-COV-2, persistant pendant au moins deux mois, ne pouvant être expliqués par d’autres diagnostics et ayant un impact sur la vie quotidienne. Au printemps 2022, Santé publique France (SPF) avait réalisé une étude dont l’objectif était d’obtenir rapidement des premières estimations de la prévalence de la Covid longue et de ses conséquences en termes de recours aux soins, de qualité de vie et de santé mentale. Les limites évidentes de cette première étude, conduite selon la méthode des quotas sur un panel de volontaires (via un questionnaire en ligne), « ont justifié que Santé publique France réalise une deuxième étude utilisant une méthodologie plus robuste (échantillon aléatoire) et des indicateurs plus détaillés et complets » note l’agence.

L'objectif de ce nouveau travail, mené entre septembre et novembre 2022 (par téléphone, puis internet) auprès de la population adulte en France métropolitaine, était d’estimer la prévalence de la Covid longue, en utilisant la définition de l’OMS ou la perception de la personne d’être atteinte d’une Covid longue.

De 1 à 7 % de la population selon la définition et l’intensité des symptomes

Au total, 10 615 personnes âgées de 18 ans et plus et résidant en France métropolitaine ont participé à l’étude. L’âge moyen était de 50 ans (extrêmes : 18-97 ans) dont 52 % étaient des femmes.

Une infection par le SARS-CoV-2, qu’elle soit confirmée ou probable, a été déclarée par 55,4 % (n=5 781) des répondants. 5 131 participants (48,3 %) ont indiqué avoir été infectés au moins 3 mois avant l'enquête. Cette population est celle qui a été considérée pour les estimations de fréquence de la Covid longue, conformément à la définition de l’OMS.

Au total, la prévalence du Covid long (définition OMS) est estimée à 4 % en population générale adulte et à 8 % parmi les personnes ayant été infectées par le SARS-CoV-2, soit, ramené à la population adulte française, environ 2 millions de personnes. La prévalence était plus de 2 fois plus élevée chez les femmes et 2 à 3 fois plus faible chez les personnes âgées de 65 ans et plus sans que ces différences importantes soient expliquées. Aucune variation socio-économique ou territoriale n’a été observée. La prévalence de l’affection post Covid-19 ne serait plus que de 2,4 % si l’on ne retenait que les sujets déclarant un impact au moins modéré sur les activités quotidiennes et de 1,2 % si l’on ne considérait que les individus rapportant un impact fort ou très fort sur les activités quotidiennes. En prenant en compte la « perception » de la personne d’avoir été atteinte par une Covid longue la prévalence dans la population générale monte très sensiblement pour atteindre 7,1 %.

Parmi les sujets atteints d’affection post-Covid-19 selon la définition de l’OMS, 30,9 % l’étaient depuis plus de 12 mois, et 22,4 % depuis plus de 18 mois. Parmi les personnes ayant eu une infection par le SARS-CoV-2 probable ou confirmée, les facteurs associés au fait d’avoir une affection post-Covid 19 incluaient : le sexe féminin (prévalence : 10,2 %) et une hospitalisation pour Covid-19 (18,6 %).

Un second volet de ces travaux visant à identifier plus finement les facteurs de risque de la Covid longue sera publié dans les mois à venir.

Il reste que l’étude de la Covid longue gagnera beaucoup lorsque l’on disposera d’une définition plus précise de l’affection, d’une physiopathologie claire et au mieux de biomarqueurs…

F.H.

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Vos réactions (1)

  • Covid longue...

    Le 27 juin 2023

    mais effet secondaires du poly...ase, non ? Il faut se protéger et trouver un bouc émissaire...

    Dr J-P Vasse

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