Opioïdes : quelques données inquiétantes mais sans commune mesure avec la situation américaine

Paris, le jeudi 18 avril – Dans son dernier rapport, l’OFDT (Observatoire français des drogues et des toxicomanies) s’est penchée sur la « crise des opioïdes » en France.

Fentanyl : un usage encore très marginal en France

L’usage des opioïdes de synthèse (ocfentanil, acétylfentanyl, butyrfentanyl, carfentanil…)  est en effet l’objet de toutes les attentions puisqu’ils sont au cœur d’une grave crise aux États-Unis. Sur ce point, la consommation de ces produits « reste très marginale sur le territoire français (…). Elle concerne le plus souvent des personnes déjà consommatrices d’opioïdes qui préfèrent s’approvisionner sur Internet ou recherchent des produits plus puissants » notent les auteurs, plutôt que des personnes auxquelles ont été prescrits des antidouleurs et qui auraient développé une accoutumance.

Forte augmentation de la consommation d’opioïdes forts

Néanmoins, l’augmentation de la prescription d’antalgiques opioïdes forts commence à interroger.

En effet, si l’usage thérapeutique des analgésiques opioïdes faibles est stable, celui des opioïdes forts, en particulier de l’oxycodone a doublé entre 2004 et 2017. Ce médicament a ainsi été prescrit à 1,1 % des assurés sociaux en 2017.

Cette croissance s’explique par l’élargissement de leur utilisation pour des douleurs non cancéreuses et comme aux États-Unis, « la plus large utilisation thérapeutique de ces médicaments s’est accompagnée du développement de cas d’addiction et d’abus » notent les auteurs. La vigilance est donc de mise.

100 000 consommateurs réguliers d’héroïne

Au-delà, on relèvera que selon les dernières données disponibles, 500 000 personnes avaient en 2017 déjà expérimenté l’héroïne, soit 1,3 % des adultes de 18 à 64 ans (2,1 % des hommes et 0,5 % des femmes) et 0,7 % des adolescents de 17 ans (0,7 % des garçons, 0,6 % des filles). Chez les adultes ce taux d’expérimentation s’est stabilisé depuis 2014, après avoir doublé entre 2000 et 2014 et chez les plus jeunes on constate même un recul de l’expérimentation.

Le nombre estimé de consommateurs d’héroïne au cours d’un mois donné s’établit quant à lui à 100 000.

D’autre part, le nombre de personnes recevant un traitement de substitution par buprénorphine haut dosage (BHD) ou méthadone est estimé, en France, à 180 000 personnes.

Le rapport Drogues et addictions, données essentielles : https://www.ofdt.fr/publications/collections/rapports/ouvrages-collectifs/drogues-et-addictions-donnees-essentielles/

Xavier Bataille

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