Un Noël olympique !

Paris, le samedi 22 décembre 2012 – Voici que le très britannique British Medical Journal (BMJ) est en train de faire mentir l’un des plus célèbres ressortissants du Royaume. Alors que Sir Winston Churchill se plaisait à affirmer que le secret de sa longévité résidait dans son absence d’exercice physique, ce qu’il résumait par cette formule lapidaire « No sport », une analyse conduite par Philip M. Clarke et ses collaborateurs de l’Université de Melbourne publiée dans le numéro de Noël du BMJ met en évidence que les médaillés olympiques ont une plus grande espérance de vie que le commun des mortels !

Au Canada, les champions ne vivent pas plus longtemps !

Une idée reçue fortement appréciée des réfractaires à toute activité physique veut que les grands sportifs ne fassent pas de vieux os : entraînement intensif, dopage, difficulté à conserver une bonne hygiène de vie après une carrière flamboyante étaient censés être autant d’éléments ne favorisant guère une vie longue et heureuse. Philip M. Clarke met fin à cette illusion : ceux qui ont récolté la gloire sur les stades olympiques vivent en moyenne 2,8 ans de plus que leurs contemporains. Pour arriver à ce résultat en or, les auteurs ont comparé l’espérance de vie de 15 147 médaillés olympiques entre 1896 et 2010 à celle de leur population d’origine à la même époque. Résultat pour huit des neuf pays étudiés (Russie, France, Italie, Australie et Nouvelle Zélande réunies, Allemagne, Scandinavie et Royaume Uni), un avantage a systématiquement été retrouvé en faveur des champions ! Seul état faisant exception à la règle : le Canada.

Plutôt le tennis que la boxe

Si aucune différence n’a été retrouvée en fonction de la place décrochée sur le podium, il apparaît que les sports d’endurance et les sports « mixtes » sont associés à une espérance de vie plus longue que ceux mettant en jeu principalement la « force ». Des observations qui sont confortées par une seconde étude publiée également par le BMJ par des chercheurs néerlandais qui en se basant sur les données de 9 889 sportifs récompensés entre 1896 et 1936 ont pu observer que les disciplines entraînant une multiplication des impacts et des blessures, tels le rugby, le hockey ou encore la boxe étaient associées à un risque accru de mortalité précoce par rapport à des sports tels que le cyclisme, le tennis ou la gymnastique ! Et si ces études n’ont toujours pas fini de vous convaincre quant à l’utilité du sport, puisque vous vous ferez fort d’objecter que n’est pas champion olympique qui veut, Adrian E. Bauman, de Sydney, signe dans le BMJ un éditorial affirmant que plusieurs études ont confirmé que « tout le monde pouvait prétendre aux mêmes bénéfices que les athlètes de haut niveau » grâce au sport. Bref, de quoi alimenter les bonnes résolutions pour 2013 !

Aurélie Haroche

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