Aux héros du quotidien, la patrie…

Paris, le samedi 9 janvier 2020 – Finalement, il a franchi le pas, il y a dix ans. Bien sûr, les démarches administratives peuvent apparaître rebutantes à qui n’a pas d’expérience, les incertitudes quant à la pérennité financière rebutantes. Bien sûr, choisir qui plus est un exercice complétement isolé représente un défi supplémentaire, un obstacle diront certains.

Réseaux sociaux mais pas de téléconsultation

Cette installation dans une petite ville de Meurthe-et-Moselle, à Einvaux, dans une ancienne ferme attenante à sa propre maison pourrait supposer que le docteur Branchereau est un solitaire, qui demeure en retrait vis-à-vis de certaines nouvelles technologies. Mais c’est méconnaître l’engouement du médecin généraliste pour les réseaux sociaux où il converse régulièrement, notamment avec ses patients. Cependant, il est vrai que pour lui, rien ne remplace le contact humain. Aussi, pendant l’épidémie de Covid il n’a pas choisi d’utiliser la téléconsultation pour limiter les risques de contamination ; tout au plus a-t-il mis un terme à sa pratique des consultations sans rendez-vous. Surtout, il a multiplié les visites à domicile chez les patients infectés par le SARS-CoV-2, se refusant à une prise en charge par téléphone. Il a mis en place une rigoureuse procédure de désinfection. En tout état de cause, d’un naturel optimiste, il ne s’est jamais senti sérieusement inquiet pour lui-même.

Jeune retraité

Pourtant, ce « nouvel » installé n’est pas exactement indemne de tout risque de forme grave. En effet le docteur Alain Branchereau fêtera prochainement ses 80 ans ! La célébration sera sans doute pour lui également l’occasion de saluer un autre événement : il vient d’être promu chevalier de la Légion d’honneur, une distinction qui salue son engagement face à l’épidémie. Cette récompense dont il est fier (et qu’il estime même « méritée » comme il l’indique avec malice à Egora) ravira également ses petits enfants qui s’étaient désolés qu’ils ne répondent d’abord pas en février à la proposition de la mairie d’établir une demande de promotion. Elle éclaire non seulement la détermination du praticien face à la Covid, mais également l’ensemble de son parcours. Après avoir été trente ans installé dans la banlieue de Nancy dans un cabinet connaissant une importante activité (même si soucieux d’offrir une écoute appuyée à tous ses malades, le docteur Branchereau n’a jamais été adepte de cadences stakhanovistes), il opte pour la mesure d’incitation à la cessation d’activité en 1998 en raison de problème de santé.

Cependant, il garde une consultation au Centre communal d’action sociale de sa ville.

Deuxième vie

Mais en 2009, « j’ai pris la décision de rouvrir un cabinet à la campagne en pensant que je pouvais être utile en faisant de la médecine de proximité. Comme je me sentais en bonne forme, j’ai pris cette décision et aussi par amour de mon métier. Plusieurs fois depuis que nous habitons ici, j’avais entendu dire que des gens du village ou de villages voisins avaient eu des problèmes de santé, des choses pour lesquelles j’aurais pu intervenir très vite s’ils avaient su que j’étais là ou s’ils m’avaient identifié comme médecin » racontait-il en 2016 à France 3 

Grand Est. Alain Branchereau, malgré les inquiétudes de sa famille (bien que sa femme estime que c’est bien plus l’amour de son métier que le courage qui l’anime !) devrait poursuivre cette route, même si l’épidémie devait de nouveau connaître une forte virulence. « J’aime mon métier j’aime la médecine de diagnostic, encore plus le contact humain. Dans cette période dangereuse et difficile c’est au grand dam de ma famille et de beaucoup de mes amis et de même de mes patients. Mais on ne quitte pas le navire lorsqu’il peut couler » remarquait-il au printemps.

A.H.

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Vos réactions (1)

  • Aux héros du quotidien, la patrie…

    Le 09 janvier 2021

    ...s'en moque. Les gouvernements successifs méprisent ces praticiens, et le leur font sentir
    par contre, quand les élections approchent, c'est une autre histoire!

    Dr Henri Baspeyre

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