Entrez dans la quatrième dimension de la stérilisation

Détroit, le vendredi 12 avril 2019 – La circulation aérienne des virus est leur mode de propagation le plus difficile à maîtriser. Les outils manquent en effet pour obtenir une stérilisation de l'air efficace. Aussi, de nombreuses équipes se concentrent aujourd’hui sur l’amélioration des techniques de filtration. En la matière, une équipe de chercheurs de l’Université du Michigan vient de publier des travaux prometteurs dans le Journal of Physics D : Applied Physics.

Etincelles

L’équipe de Herek Clack a mis en évidence l’intérêt d’une méthode de filtration ayant recours à des plasmas non thermiques. Ils ont conçu un réacteur à plasma froid qui a été capable d’éliminer du flux d’air 99,9 % d’un virus (le phage MS2, inoffensif pour l’homme). Le réacteur était composé de billes de verre au borosilicate emballées dans une forme cylindrique comme l’explique un communiqué de l’université du Michigan.  Dans les espaces vides entre les billes, des étincelles se créent et ce sont les particules ionisées qui se forment autour de ces dernières qui inactivent les virus. « Les agents pathogènes dans le flux d’air sont oxydés par des atomes instables appelés radicaux » détaille Herek Clack. Les chercheurs et la communauté scientifique se montrent très enthousiasmes vis-à-vis de ces résultats, tant les enjeux sont importants. « Les données nous disent que le traitement au plasma non thermique est très efficace pour inactiver les virus en suspension dans l’air. Les technologies de désinfection de l’air étant limitées, il s’agit d’une découverte importante » remarque Krista Wigginton, professeur en génie civil et environnemental. Aujourd’hui, l’équipe a débuté de nouvelles expérimentations dans un élevage d’Ann Arbor, tant les enjeux de désinfection sont importants dans les fermes.

Des applications multiples

S’il n’est pas encore largement utilisé, le plasma non thermique connaît, dans de nombreux secteurs scientifiques, une percée importante depuis quelques années. Les plasmas froids pourraient être notamment de plus en plus utilisés en médecine. « Les plasmas froids peuvent désinfecter des plaies et faciliter leur cicatrisation, en particulier pour des ulcères et des escarres chroniques. Les mécanismes en jeu ne sont pas bien compris, mais les biologistes pensent que certains oxydes d’azote produits par les plasmas stimulent les réponses cellulaires et donc la reconstitution des tissus » expliquait il y a deux ans dans le journal du CNRS, Antoine Rousseau, directeur de recherche au Laboratoire de physique des plasmas. Dans de nombreux pays, les atouts de ces techniques sont déjà reconnus, mais la France reste plus timide. « On commence tout juste à s’y intéresser, mais c’est un marché qui devrait peser plus de 50 milliards de dollars d’ici cinq ans. Des gens cherchent à utiliser le plasma pour tuer des cellules cancéreuses. Dans l’agriculture, on l’utilise pour traiter les graines de blé et éviter que les maladies prolifèrent dans les cultures. Ce sont des applications très locales, à l’échelle nanométrique, qui sont très utiles dans les nanotechnologies et dans l’utilisation des matériaux intelligents » expliquait au site de La Tribune en février Bilel Rais, PDG de l’une des premières TPE en France, installée à Marseille, qui souhaite développer des produits utilisant du plasma froid.

Aurélie Haroche

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