Intelligence artificielle et radiothérapie : le centre Léon Bérard à la pointe

Lyon, le samedi 17 avril 2021 - Si les limites de l’intelligence artificielle ont beaucoup été rappelées dans ces colonnes, ses atouts pour améliorer significativement la performance de certaines prises en charge ne doivent pas être ignorés. Ainsi, au Centre Léon Bérard (CLB), centre de lutte contre le cancer de Lyon et Rhône-Alpes, on n’hésite pas à parler de « révolution » pour évoquer le rôle de l’intelligence artificielle en ce qui concerne la radiothérapie. « Cette nouvelle technologie pourrait révolutionner ce traitement majeur du cancer notamment en contrôlant mieux la délivrance de dose et en diminuant la durée des traitements » explique l’institution. Déjà, six dispositifs sont utilisés au sein du centre pour le diagnostic et le suivi du cancer, tandis qu’aujourd’hui les équipes se concentrent sur le déploiement de trois programmes dédiés à la radiothérapie, en collaboration avec la start-up TheraPanacea, un industriel et le laboratoire Creatis (Unité CNRS UMR 5220 – Inserm U1294 – Université Lyon 1 – INSA Lyon - Université Jean Monnet Saint-Etienne).

Accroître la précision du contourage

Le premier projet concerne la délimitation des organes à risque et a pour objectif « l’automatisation et l’amélioration de la précision du contourage ». Annotate conçu par TheraPanacea repose sur le principe du machine learning et permet aujourd’hui de « contourer plus de 80 organes ». Les niveaux de précision obtenus sont très élevés : « Aujourd’hui utilisé en routine clinique, cet outil est à 80 % plus rapide que les outils précédents, in fine nous gagnons entre 1 à 2 heure par jour », se félicite Alexandre Munoz, dosimétriste dans le Département d’Oncologie Radiothérapique. Actuellement, dans le cadre d’une nouvelle étape, les  équipes et TheraPanacea élaborent un outil dont l’objectif serait « d’améliorer la définition des volumes à traiter dans les tumeurs de la sphère ORL ».

Calculer les doses grâce à l’IRM

Toujours dans le cadre de la préparation de la radiothérapie, un autre dispositif est l’objet d’une expérimentation (en partenariat avec Creatis et TheraPanacea) : le calcul des doses grâce à l’IRM. « Cet examen non irradiant sera aussi demain l’outil de référence pour le calcul des doses. Une imagerie par résonance magnétique peut en effet être utilisée pour générer ce que l’on appelle un « pseudo-CT » sur lequel le calcul de dose sera effectué. Cette idée n’est pas nouvelle, mais les techniques d’intelligence artificielle laissent entrevoir un gain substantiel de précision et un gain de temps considérable dans cette étape », remarque le Pr Vincent Grégoire, chef du Département d’Oncologie Radiothérapique du CLB.

Plateau technique exceptionnel

L’intelligence artificielle peut également être mise au service de systèmes utilisés pendant le traitement. Ici, il s’agit en collaboration avec plusieurs industriels dont la firme de radiothérapie Elekta de se concentrer sur l’adaptation du traitement aux évolutions du volume tumoral et aux changements physiologiques du patient. « Nous travaillons sur l’utilisation des images acquises sur les accélérateurs (…) pour d’une part recontourer les différents volumes d’intérêts et recalculer les doses en temps réel. Ces étapes font de nouveau appel à différents algorithmes dont les performances sont grandement améliorées par l’intelligence artificielle », explique le Pr Grégoire.

C’est grâce à un service riche de différents outils de dernière génération que le Centre Léon Bérard peut mener ces travaux : « 5 accélérateurs dont 3 permettant de faire de la radiothérapie stéréotaxique, 2 tomothérapies et 1 Cyberknife® unique en Auvergne-Rhône-Alpes » détaille l’institution.


D’après un communiqué de presse du Centre Léon Bérard

M.P.

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