La femme aux jambes d’or

Los Angeles, le samedi 14 mai 2022 – « Ma vie est fantastique, je suis un ange gâté par la vie ».

A première vue, la vie de Lauren Wasser est effectivement fantastique. Une des mannequins les plus en vues du monde de la mode, elle est l’égérie de nombreuses marques de luxe (Vuitton, Dolce & Gabbana, Armani…) et fait régulièrement la une des magazines (dont celui du magazine féminin Elle il y a deux semaines). Fantastique donc, à un détail près : amputé des deux jambes, elle porte des prothèses dorées.

C’est en 2012 que Lauren Wasser a été « gâtée par la vie ». Un soir d’octobre, elle se rend à une fête, une de plus pour cette « it girl » de 24 ans, fille de mannequin et elle-même mannequin depuis son enfance. Rapidement, la jeune femme se sent mal. Elle et ses amis croient d’abord à une grippe mais son état se détériore rapidement.

Elle finira par être hospitalisée et placée en coma artificiel pendant une dizaine de jours. Les médecins diagnostiquent un syndrome du choc toxique (SCT), une infection généralisée gravissime provoquée par l’utilisation prolongée d’un tampon couplée à la présence d’un staphylocoque doré.

Du choc toxique au marathon de New York

La jeune femme est passée à deux doigts de la mort et ne sort pas indemne de cet épisode. La gangrène a attaqué ses jambes, il faut amputer la jambe gauche au-dessus du genou et les orteils du pied droit. Six ans plus tard, la jeune femme devra se faire amputer aussi la jambe droite, qui lui faisait subir des douleurs intolérables.

Sa carrière de mannequin aurait pu s’arrêter là. Coup de génie, elle décide de porter des prothèses dorées qui semblent tout droit sorti d’un film de science-fiction. Un style « bling-bling » qui fait immédiatement fureur chez les stylistes, qui s’arrachent la « femme aux jambes d’or » pour leur défilé.

Si Lauren Wasser porte dans la vie de tous les jours des prothèses « normales », elle a récemment fait l’acquisition de lames spéciales pour réussir son prochain défi : courir le marathon de New York en novembre prochain. La mannequin est devenue un symbole de l’abnégation des personnes « handicapées » bien qu’elle abhorre ce mot. « Je ne mois vois pas comme une fille sans jambes, je porte plus souvent la couleur dorée qu’avant, c’est tout ».

« Plus personne ne doit ignorer qu’utiliser un tampon peut être gravissime »

Lauren Wasser s’est faite photographiée et filmée tout au long de sa convalescence, d’abord par sa compagne, puis par une équipe de cinéma, qui prépare un documentaire sur son parcours. La mannequin de 32 ans se défend de tout voyeurisme. Il s’agit avant tout de sensibiliser le public au handicap mais surtout au syndrome du choc toxique, une affection encore trop peu étudiée selon elle et souvent mal diagnostiquée.

Depuis son accident, elle utilise sa notoriété pour faire connaitre cette pathologie. Elle a notamment engagé une bataille politique pour que le Congrès américain adopte une loi obligeant les fabricants de tampons à afficher clairement les produits toxiques utilisés dans les protections hygiéniques. Sans succès pour le moment.

«Plus personne ne doit ignorer qu’utiliser un tampon peut être gravissime » déclare la belle californienne, avant de repartir pour un nouveau photo shoot sur ses jambes en or. 

Quentin Haroche

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