Les espoirs déçus du Health Data Hub

Paris, le samedi 20 novembre 2021 – En créant en décembre 2019, le Health Data Hub, né de la transformation de l’Institut national des données de santé, la France s’enorgueillissait de développer l’une des plus grandes bases du genre au monde. Cependant, dès son origine, les critiques étaient nombreuses et concernaient notamment le choix du gouvernement d’utiliser le cloud public de Microsoft pour héberger les données très sensibles du système national d’information inter-régimes de l’Assurance-maladie (Sniiram), du programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI) et du système national de données de santé (SNDS). Un an plus tard, Olivier Véran ministre de la Santé et Cédric O, secrétaire d’État chargé de la transition numérique s’engageaient à changer d’hébergeur « d’ici à deux ans au maximum ». Mais une année après cette promesse, il est vrai encore très marquée par l’épidémie de Covid, il n’y a guère de signe tangible d’une évolution prochaine. Aussi, comme l’explique dans le Monde, le président de la réforme de l’État Christian Babusiaux : « La frilosité de l’écosystème du Health Data Hub et de leurs responsables est donc parfaitement légitime. S’y ajoutent les piratages relatés par les médias dans de nombreux pays ces derniers mois, dont Microsoft n’est pas exempt ».

Impasse

Cependant, cette question de l’hébergeur n’est pas la seule à expliquer qu’en deux ans, le Health Data Hub est loin d’avoir répondu aux espérances qu’il suscitait. L’autre problème majeur est en effet que les données restent parcellaires. En effet, les bases du Système national des données de santé n’ont pas été transférées au Health Data Hub. Face à ces difficultés, le Conseil scientifique du HDH lui-même ne cache pas ses inquiétudes. Christian Babusiaux résume : « le HDH se trouve aujourd’hui dans une impasse ». Pour lui, qui regrette que beaucoup de temps a été perdu, il faut se ressaisir, en réglant notamment le problème de l’hébergeur. Il relève : « Si la France a été capable de construire une des plus grandes bases du monde (le système national des données de santé), elle l’est aussi, avec des partenaires européens, pour l’héberger et l’exploiter en se conformant à l’état de l’art des nouvelles technologies. Il est temps de sauver le soldat Health Data Hub et de sortir de cette impasse qui appelle une décision rapide des pouvoirs publics face aux enjeux de santé publique, financiers, industriels et éthiques que représentent les données de santé », conclut-il une tribune publiée dans Le Monde.

Léa Crébat

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Vos réactions (1)

  • Mr Véran

    Le 23 novembre 2021

    Déjà, et encore lui! En France, on n'en rate pas une! Les pécheurs ne peuvent plus pécher, on signe une vente fantoche de sous marins, et on confie nos données de santé à des étrangers! c'est quoi la prochaine? On recommande du Remdesevir?

    Dr J-P Vasse

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