L’opinion bouge : l’adhésion au vaccin Covid devient majoritaire !

Paris, le vendredi 8 janvier 2021 - Le gouvernement l’avait répété à l’envie. Le début particulièrement lent de la campagne de vaccination poursuivait un but : convaincre une opinion réfractaire pour éviter de revivre l’échec de la campagne de vaccination contre la grippe H1N1 en 2010. Il faut dire que les statistiques avaient de quoi inquiéter les autorités. Le 29 décembre dernier, un sondage Ipsos Global réalisé à travers le monde avait démontré que la France était l’un des rares pays où les intentions vaccinales vis-à-vis de la Covid étaient minoritaires.

De ce point de vue, la stratégie de la lenteur semble avoir atteint son but ! D’après un sondage réalisé par Harris Interactive pour LCI, 56 % des français indiquent désormais avoir l’intention de se faire vacciner lorsqu’ils en auront la possibilité. Un chiffre en hausse de 11 points depuis le 9 décembre dernier. D’après un autre sondage réalisé par Ipsos pour CNews, 51 % des français indiquent désormais vouloir se faire vacciner, là encore, un chiffre en hausse de 12 points depuis le 2 décembre.

Dans le détail, 26 % sont certains de se faire vacciner et 30 % indiquent vouloir « probablement le faire ». Coté réfractaires, seuls 20 % des sondés indiquent refuser catégoriquement toute vaccination, 24 % étant encore susceptibles de changer d’avis.

Un sondage Elabe pour BFMTV, réalisé quelques jours plus tôt, avait déjà montré une diminution de 4 points des réfractaires à la vaccination, 17 % des français se déclarant désormais hésitant.

Comment expliquer un tel revirement ?

Plusieurs pistes d’explication peuvent être envisagées pour cette évolution significative de l’opinion qui va bien au-delà de la marge d’erreur.

Premièrement, pour les soutiens de la majorité, les efforts de communication du gouvernement pour rassurer les sceptiques et éviter de brusquer l’opinion ont porté leurs fruits. Mais on peut aussi avancer l’idée selon laquelle les critiques partout formulées contre la lenteur de la campagne ont paradoxalement renforcé l’adhésion à la vaccination, devenu un objet politique. Du reste, 68 % des français estiment que la campagne de vaccination est mal gérée par le gouvernement, et 69 % des français estiment qu’elle n’est pas suffisamment rapide.

Enfin, la part « d’anti-vaccins » dans la population a sans doute été surestimée par de nombreux observateurs. D’après une enquête Elabe réalisée le 17 décembre 2020, seuls 8 % des français indiquaient être opposés au principe même de la vaccination. Une grande partie des réfractaires au vaccin Covid évoquaient l’absence de recul sur le vaccin (31 %) ou la crainte des effets secondaires (25 %).

L’organisation des campagnes de vaccination à grande échelle (et plus rapide !) chez nos voisins a sans doute convaincu les français les plus anxieux sur le faible risque lié à l’injection de la valence.

Disparité inquiétante entre les hommes et les femmes

Les études d’opinion montrent toutefois des disparités significatives en fonction des catégories socioprofessionnelles.

D’après le sondage Ifop-Fiducial, si 61 % des hommes indiquent avoir l’intention de se faire vacciner, seuls 42 % des femmes envisagent cette solution (les hommes étant plus à risque rappelons le).

Si 73 % des plus de 65 ans envisagent de se faire vacciner, ils ne sont que 25 % chez les moins de 35 ans (ce qui là encore est assez logique). Enfin, on note que l’adhésion à la vaccination est aussi un marqueur électoral fort. 84 % des sympathisants de la République en Marche envisagent de se faire vacciner, contre seulement 28 % des personnes se déclarant proche du Rassemblement National. A gauche, si 57 % des sympathisants souhaitent se faire vacciner, l’adhésion est minoritaire chez les écologistes (45 %).

C.H.

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