Médicaments et grossesse : l’ANSM enfante une campagne dynamique

Paris, le jeudi 3 juin 2021 – La persistance de la prescription en France de valproate de sodium à des femmes en âge de procréer et qui plus est enceintes, longtemps après la confirmation du caractère potentiellement tératogène de cette spécialité, témoigne-t-elle d’une trop lente prise en considération concrète des risques liés à la prise de médicaments pendant la grossesse dans notre pays ? Il apparaît en tout état de cause, que les Françaises sont pendant leur grossesse de fortes consommatrices de médicaments. Une étude publiée en octobre 2017 dans la revue Pharmacoepidemiology and drug safety, conduite par des chercheurs français, sur une base de données concernant 28 000 femmes enceintes entre 2011 et 2014 signalait en effet que le nombre de spécialités prescrites (qui incluent l’homéopathie et les compléments alimentaires, dont l’acide folique) variait entre 11 et 14, contre une moyenne de huit aux Pays Bas, deux à sept en Allemagne et pas plus de trois aux États-Unis et en Europe du Nord. Les chercheurs relevaient par ailleurs que le « nombre de prescriptions n’a pas diminué entre 2011 et 2014 ». Parallèlement, il apparaît que seules trois femmes sur dix se déclarent suffisamment informées quant aux interactions entre prise de médicaments et grossesse, comme le relève l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM).

Les pharmaciens, partenaires essentiels

C’est dans ce contexte que cette dernière vient de lancer une campagne de sensibilisation, dont le slogan rappelle de façon simple : « Enceinte, les médicaments, ce n’est pas n’importe comment ». Campagne digitale, qui s’appuie notamment sur un clip vidéo et sur une interview d’un médecin généraliste dédiée à la préparation de la grossesse, cette opération repose également sur la participation des pharmaciens. Des affiches spécialement dédiées aux officines déclinent en effet les quatre règles d’or : « préparer sa grossesse », « pas d’automédication », « ne jamais arrêter seule un traitement prescrit » et « informer de sa grossesse les professionnels de santé consultés ». Cette campagne est également destinée à sensibiliser les professionnels de santé.

Léa Crébat

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