Prendre son pied de nez

Boston, le samedi 18 septembre 2021 - Comme chaque année à l’approche de la remise des prix Nobel, l’Académie IgNobel rend public son palmarès à l’occasion d’une cérémonie burlesque. C’est sans doute les travaux primés par l’Ignobel de médecine qui sont les plus remarquables cette année.  Le prix a ainsi été attribué à Olcay Cem Bulut, un chercheur allemand pour ses remarquables travaux sur les relations entre orgasme et nez bouché. L’étude a comparé l'impact de l'activité sexuelle sur la congestion nasale avec un « décongestionnant classique ».

Couche et débouche

Pour ce faire le chercheur a évalué la « respiration nasale »  à 5 moments différents : avant l'activité sexuelle, immédiatement après elle, 30 minutes après, 1 heure après et 3 heures après l'orgasme. Les mêmes mesures ont été effectuées le deuxième jour après l'application d’un spray décongestionnant nasal. Pour évaluer la qualité de respiration nasale, l’équipe a utilisé une échelle visuelle analogique (EVA) et un appareil rhinométrique portable.

La vérité toute nue est apparue. La respiration nasale s’améliore de manière significative après un rapport sexuel avec orgasme, au même degré qu'après l'application d'un décongestionnant nasal et pendant une durée allant jusqu'à 60 minutes (mesurée subjectivement avec l'EVA et confirmée par les données rhinométriques objectives). Néanmoins, « la respiration nasale était revenue au niveau de base après 3 heures suivant le rapport sexuel, tandis qu'elle a continué à être améliorée plus longtemps après l'application du décongestionnant nasal » écrivent les auteurs, incitant ainsi les patients à utiliser fréquemment la thérapeutique orgasmique.

Un certain nombre de questions restent néanmoins en suspens et on espère des études complémentaires sur les points suivants : qu’en est-il de la jouissance obtenue en solitaire ? L’orgasme d’un partenaire permet-elle la décongestion de l’autre ? Les orgasmes obtenus par des pratiques inhabituelles (sado-masochisme, etc…) débouchent-ils également le nez ? Qu’en est-il des coitus interruptus ? etc…

F.H.

Référence
Bulut OC, et al : Can Sex Improve Nasal Function?—An Exploration of the Link Between Sex and Nasal Function. Ear Nose Throat J. Publication avancée en ligne le 4 janvier 2021

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  • Autre génies méconnus en 2021 (wiki)

    Le 18 septembre 2021

    Biologie : Susanne Schötz pour avoir analysé les variations de ronronnements, gazouillis, sifflements, hurlements, grognements, miaulements et autres modes de communication entre chat et humain.

    Écologie : Leila Satari, Alba Guillén, Àngela Vidal-Verdú et Manuel Porcar, pour avoir utilisé l'analyse génétique pour identifier les différentes espèces de bactéries qui résident dans les chewing-gum jetées sur les trottoirs de divers pays.

    Chimie : Jörg Wicker, Nicolas Krauter, Bettina Derstroff, Christof Stönner, Efstratios Bourtsoukidis, Achim Edtbauer, Jochen Wulf, Thomas Klüpfel, Stefan Kramer et Jonathan Williams, pour avoir analysé l'air intérieur des salles de cinéma, afin de tester si les odeurs produites par un public indiquent de manière fiable les niveaux de violence, de sexe, de comportement antisocial, de consommation de drogue et de langage grossier dans le film que le public regarde.

    Économie: Pavlo Blavatskyy, pour avoir découvert que l'obésité des politiciens d'un pays peut être un bon indicateur de la corruption de ce pays.

    Médecine : Olcay Cem Bulut, Dare Oladokun, Burkard Lippert et Ralph Hohenberger, pour avoir démontré que les orgasmes sexuels peuvent être aussi efficaces que les médicaments décongestionnants pour améliorer la respiration nasale.

    Paix : Ethan Beseris, Steven Naleway et David Carrier, pour avoir testé l'hypothèse selon laquelle les humains ont fait évoluer leur barbe pour se protéger des coups de poing au visage.

    Physique : Alessandro Corbetta, Jasper Meeusen, Chung-min Lee, Roberto Benzi et Federico Toschi, pour avoir mené des expériences pour comprendre pourquoi les piétons n'entrent pas constamment en collision avec d'autres piétons.

    Entomologie : John Mulrennan, Jr., Roger Grothaus, Charles Hammond et Jay Lamdin, pour leur étude de recherche : « Une nouvelle méthode de contrôle des cafards sur les sous - marins ».

    Transport : Robin Radcliffe, Mark Jago, Peter Morkel, Estelle Morkel, Pierre du Preez, Piet Beytell, Birgit Kotting, Bakker Manuel, Jan Hendrik du Preez, Michele Miller, Julia Felippe, Stephen Parry et Robin Gleed, pour avoir déterminé par expérience s'il est plus sûr de transporter un rhinocéros en vol la tête en bas.

    Dr Alexandre Krivitzky

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