Quel film à grand succès peut provoquer un PADS ?

Pandora, le samedi 21 janvier 2023 – Près de 11,5 millions de Français sont déjà allés voir « Avatar : La voie de l’eau », deuxième volet de la série de films de science-fiction réalisé par James Cameron. Pendant plus de 3 heures, le réalisateur de Titanic et de Terminator invite les spectateurs à découvrir le monde fascinant de Pandora, une planète à la jungle luxuriante et à la faune extraordinaire où vivent les Navis, des humanoïdes bleus qui vivent en harmonie avec la nature. Grâce à une technologie de projection 3D de pointe, le film se montre particulièrement immersif.

Peut-être trop immersif pour certains spectateurs, pour qui le retour à la réalité est particulièrement difficile. Sur les réseaux sociaux et les forums de cinéma, plusieurs fans du film se plaignent d’avoir ressenti une profonde tristesse et même des idées suicidaires après avoir vu le film, déçus que notre bonne vieille Terre ne soit pas aussi accueillante que la magnifique planète Pandora. Les médias anglo-saxons ont nommé ce phénomène le PADS (post-Avatar depression syndrome), une « maladie » qui n’est pas (encore) inscrite au DSM.

Des spectateurs qui ont le blues

« Depuis que j’ai vu Avatar, je me sens déprimé » explique un internaute, « j’ai même pensé au suicide en espérant renaitre dans un monde similaire à Pandora où tout serait similaire à Avatar ». « Quand je me suis réveillé ce matin après avoir vu Avatar, le monde semblait triste » explique un autre fan du film. « C’était comme si ma vie entière, tout ce que j’avais fait, avait perdu son sens, je vis dans un monde mourant ».

Le phénomène n’est pas nouveau : à la sortie du premier volet en 2009, qui avait également été un énorme succès populaire (15 millions d’entrées en France, 2,7 milliards de dollars de recette dans le monde), des spectateurs avaient fait part de leur détresse émotionnelle à la sortie du cinéma. « Le film est si beau et il montre une réalité qui n’existe pas sur Terre, les gens comprennent que l’on pourrait vivre dans un monde meilleur et c’est ce qui les déprime » expliquait alors un internaute sur un forum appelé « comment acceptez la dépression face au fait que le rêve de Pandora est inaccessible ».

Selon le Dr Stephan Quentzel, psychiatre new-yorkais, ce syndrome touche essentiellement des hommes solitaires. « La vie réelle ne sera jamais aussi utopique qu’elle semble à l’écran, cela rend la vie réelle plus imparfaite » avance-t-il pour expliquer ce phénomène. Le PADS serait par ailleurs lié à l’éco-anxiété, la peur face aux conséquences du réchauffement climatique, un phénomène grandissant dont la qualification de maladie est contestée.

Un film écologiste

En nous montrant la victoire des Navis, peuples qui vit en symbiose avec la nature, sur des humains qui veulent exploiter les ressources naturelles de Pandora, le film Avatar adopte en effet incontestablement un point de vue écologiste. Pour surmonter cet épisode dépressif, une association écologiste canadienne encourage d’ailleurs les fans d’Avatar à « sortir pour renouer avec la nature, prendre des mesures pour défendre l’environnement et encourager les autres à en faire de même ».

Si nombreux sont ceux (et celles) qui  souffrent donc de regarder Avatar, le film fait aussi des heureux, puisqu’il déjà rapporté plus de 2 milliards de dollars à travers le monde à James Cameron et aux producteurs. Trois autres films, qui devraient sortir entre 2024 et 2028, sont d’ailleurs en préparation, pour faire encore toujours plus d’argent…et de dépressions.

Quentin Haroche

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Réagir à cet article

Les réactions sont réservées aux professionnels de santé inscrits et identifiés sur le site.
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.


Lorsque cela est nécessaire et possible, les réactions doivent être référencées (notamment si les données ou les affirmations présentées ne proviennent pas de l’expérience de l’auteur).

JIM se réserve le droit de ne pas mettre en ligne une réaction, en particulier si il juge qu’elle présente un caractère injurieux, diffamatoire ou discriminatoire ou qu’elle peut porter atteinte à l’image du site.