Quelle industrie pourrait être exemplaire pour lutter contre la Covid-19 ?

Paris, le samedi 23 mai 2020 - Ce ne sont pas les premiers objets auxquels on pense quand on veut s’imaginer un plateau de tournage de films pornographiques. Pourtant, gels hydroalcooliques et lingettes désinfectantes sont des habitués de ces lieux. L’épidémie de VIH a en effet imposé à l’industrie du film pornographique de s’investir dans la lutte contre les infections, si elle ne voulait pas risquer d’être définitivement condamnée soit par les décisions des autorités, soit par la désertion ou pire la mort de ses acteurs.

Le tracking était sexy avant l’heure !

Ainsi, à Los Angeles a été mis en place dans les années 90 le programme PASS (Performer Availability Scheduling Services) qui apporte son soutien aux producteurs et aux acteurs, en dispensant recommandations et conseils et surtout en réalisant des campagnes de dépistage, dont les résultats sont dûment répertoriés. Aussi, pour pouvoir travailler dans l’industrie pornographique faut-il accepter de se soumettre tous les quinze jours à un test de dépistage du VIH et d’autres maladies sexuellement transmissibles, tandis qu’en cas de test positif, la production est immédiatement arrêtée et l’ensemble des cas contacts recherchés et à leur tour dépistés.

Filmer avec un masque FFP2 ?

Une telle procédure pourrait être riche d’enseignement à l’heure où le monde est à la recherche de protocoles fiables pour faire face à l’épidémie de Covid-19, même si la gravité d’une maladie telle que le Sida n’a rien de comparable et que les modes de transmission diffèrent considérablement. L’enjeu est également une quête de légitimité pour l’industrie plutôt déconsidérée du X. « J’espère que d'autres industries se tourneront vers nous non seulement pour apprendre, mais aussi pour nous apporter une plus grande crédibilité », note ainsi Lotus Lain, actrice américaine qui travaille au sein de Free Speech Coalition qui a contribué à la mise en place du PASS, citée par la revue américaine Stat. Cependant, bien qu’experte dans l’identification des chaînes de transmission, le cinéma pornographique est comme toutes les autres activités soumises aux nouvelles règles imposées par la lutte contre la Covid-19. Et les questions sont nombreuses : « Est-ce que les réalisateurs peuvent filmer avec des masques FFP2 » se demande par exemple le président de Free Speech Coalition. Des réponses à ces détails dépendent la reprise des tournages, alors que la crise du coronavirus a entraîné un arrêt presque comparable au choc qu’avait été l’épidémie de Sida il y a quarante ans.

Léa Crébat

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