Qu’est-ce que les complotistes antivax redoutent et qui pourrait devenir possible dans 60 ans ?

Paris, le samedi 11 septembre 2021 – D’analyses en analyses, les différents spécialistes qui se sont penchés sur la question n’ont toujours pas réussi à trancher quant à l’opportunité d’apporter des réponses pédagogiques détaillées aux assertions les plus folles. Une incertitude que l’esprit du temps pourrait ainsi par exemple résumer : est-il vraiment utile d’expliquer que non il n’est pas possible d’injecter une puce 5G via un vaccin ?

56 ans après Gordon Moore

Non seulement, la démarche, si son objectif est de convaincre de l’inanité d’une telle théorie, n’est peut-être pas pertinente, mais surtout, la réponse est loin d’être simple. C’est ce que permet de constater la démonstration érudite et non sans humour de Jean-Marc Routoure, professeur en électronique à l’Université de Caen Normandie, sur le site The Conversation. Le spécialiste revient tout d’abord sur la première étape de l’idée alimentée depuis des mois sur les réseaux sociaux quant à la prétendue présence d’une puce 5G dans les vaccins contre la Covid : une telle puce d’une si petite taille pourrait-elle ainsi injectée ? Or, la réponse semble plutôt affirmative. « Il est ironique de constater que cette rumeur est apparue presque 56 ans jour pour jour après que Gordon Moore, l’un des fondateurs d’Intel, a énoncé une loi empirique indiquant un doublement du nombre de transistors sur une puce électronique tous les 2 ans environ. Cette loi est encore vérifiée aujourd’hui avec les composants électroniques élémentaires – les transistors – qui atteignent aujourd’hui des tailles nanométriques » débute Jean-Marc Routoure. Ainsi, aujourd’hui, « IBM vient d’annoncer une réalisation de transistor avec une zone active de 2 nanomètres ». Dès lors, « combien de transistors pourrait-on graver sur un morceau de circuit intégré carré qui passerait par le trou de la seringue utilisé pour le vaccin ? », s’interroge Jean-Marc Routoure. Après quelques calculs, on aboutit à la constatation avec le professeur que oui il est « possible de mettre dans une seringue d’injection d’un vaccin une puce électronique étanche possédant les capacités de calculs similaires à celles des téléphones portables actuels ».

Maxwell

Voilà qui n’en faudrait pas plus aux conspirationnistes les moins ardents pour être convaincus du bien-fondé de leur croyance. Pourtant, si un vaccin pourrait bien servir à « inoculer » une puce électronique, il serait bien difficile de communiquer avec elle. « Des antennes doivent donc être réalisées sur la puce pour la communication sans fil ». Or, c’est là que le bât blesse et que le génie humain reste (encore) inférieur à l’imagination des théories fumeuses en tous genres. En se référant aux équations de Maxwell, qui permettent d’évaluer la dimension de la taille des antennes, Jean-Marc Routoure explique : « la taille idéale d’une antenne doit être égale au rapport entre la vitesse de la lumière et la fréquence des ondes électromagnétiques (la longueur d’onde). Des sous-multiples de cette taille idéale (½, ¼, 1/8…) peuvent également être utilisés pour limiter l’encombrement au détriment de la détection. La 5G actuelle utilise des bandes de fréquence autour de 3,5 GHz. En choisissant un sous-multiple de ¼ pour limiter la taille de l’antenne, une antenne de 2,1 cm doit donc être réalisée pour permettre à la puce électronique de communiquer sans fils avec l’extérieur du corps humain. Avec une telle dimension, toute la surface de la puce n’est pas suffisante pour réaliser l’antenne même sous forme d’un serpentin ». Dès lors, même si une puce était réellement injectée dans les vaccins, la lecture de ses informations ne pourrait nullement se faire à grande distance. « Pour augmenter la distance de lecture, il faut augmenter la puissance émise et donc augmenter le volume de la batterie ». Cela sera-t-il seulement possible un jour ? Jean-Marc Routoure estime que les progrès observés ces dernières années permettent d’estimer que la miniaturisation des antennes pourrait permettre d’ici 60 ans de concevoir de telles puces. Mais conclut-il, d’ici là, « Nous serons tous vaccinés contre la Covid ».

https://theconversation.com/il-est-possible-techniquement-dinjecter-une-puce-5g-via-un-vaccin-mais-impossible-den-extraire-des-informations-164420

L.C.

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