Un grand avenir

Boston, le samedi 30 novembre 2019 - Si la robotique médicale a déjà connu beaucoup de développements, qui dans certaines disciplines ont contribué à de véritables révolutions, des défis demeurent à relever pour que ces dispositifs puissent réaliser d’autres prouesses, très attendues. La miniaturisation est ainsi un enjeu majeur pour pouvoir espérer des applications neurochirurgicales par exemple. Jusqu’à aujourd’hui, la taille des robots disponibles répond à des « échelles millimétriques ou centimétriques » en raison des difficultés liées à la miniaturisation de certains mécanismes ou à l’incorporation d’aimants, comme le relèvent des chercheurs du Zhao Lab du Massachusetts Institute of Technology dans un récent article publié dans Science Robotics. Outre la question de la réduction de taille, l’autre obstacle majeur pour une utilisation neurovasculaire tient aux frictions exercées par les robots, qui rendent leur utilisation très risquées compte tenu de la fragilité des vaisseaux.

Submillimétrique

Cependant, l’équipe de Yoonho Kim et de Xuanhe Zhao sont parvenus à relever ces véritables challenges. Ils présentent dans les colonnes de Science Robotics le prototype d’un robot « à l’échelle submillimétrique ». « Autolubrifiant et doté de capacités de direction et de navigation  omnidirectionnelles » qui reposent sur l’utilisation d’aimants. Le robot est revêtu d’une peau d’hydrogel, ce qui permet de réduire considérablement le risque de frottement avec la paroi des vaisseaux cérébraux. Le système est ainsi composé d’aimants intégrés dans une tige de polymère souple.

Des cerveaux en silicone à l’animal

Pour évaluer les capacités d’un tel prototype à procéder à la désobstruction de vaisseaux cérébraux, les chercheurs ont pour l’heure testé leur système sur des cerveaux en silicone. Les premiers résultats sont encourageants : ils sont parvenus à démontrer que leur minuscule robot pouvait intervenir sur trois anévrismes en moins d’une minute, sans entraîner de dommages. Désormais, de nouveaux tests sont nécessaires, et doivent être prochainement réalisés sur l’animal. Si ce robot microscopique tenait ses promesses, il pourrait ouvrir la voie à « la chirurgie robotique mini-invasive pour des lésions auparavant inaccessibles » remarquent les chercheurs du Zhao Lab.

Léa Crébat

Référence
Yoonho Kim et coll. Ferromagnetic soft continuum robots , Science Robotics, Vol. 4, Issue 33, eaax7329 DOI: 10.1126/scirobotics.aax7329

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