Application en vue !

Paris, le samedi 19 mars 2022 - Si certains dispositifs numériques qui affichent un objectif « sanitaire » n’échappent pas à quelques critiques visant leur vacuité, d’autres se révèlent de véritables atouts pour la prise en charge et le suivi des patients. Souvent nées des observations faites par les médecins et conçues en collaboration avec eux, ces applications ne parviennent cependant pas toujours à toucher largement les personnes qu’elles pourraient accompagner, faute de moyens suffisants.

Financement expérimental

Cependant, l’article 51 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2018 permet d’expérimenter de nouvelles « organisations en santé ». Un cadre qui ouvre la voie à la prise en charge par la Sécurité sociale de dispositifs d’un genre inédit, dont les applications numériques. C’est ainsi qu’OdySight vient de devenir la première application de télésurveillance médicale en France à bénéficier d’un remboursement par l’Assurance maladie.

Ambition visible

OdySight est né de la rencontre de deux hommes : José-Alain Sahel, fondateur de l’Institut de la Vision et chef du département d'ophtalmologie à l’Université de Pittsburgh School of Medicine, et Edouard Gasser, actuel dirigeant de Tilak Healthcare et ancien directeur de studio chez Gameloft. L’objectif de ce logiciel est de faciliter la surveillance active des patients atteints de DMLA, d’œdème maculaire ou encore de rétinopathie diabétique. Les exercices auxquels les patients s’adonnent pour évaluer la progression éventuelle de leur pathologie sont ludiques, tandis que le lien est facilement établi entre les patients et leur praticien. Aujourd’hui, le coût de l’application est assumé par les patients (avec dans de rares cas une prise en charge partielle de certaines mutuelles) : il s’élève à 265 euros par an. Aussi, pour l’heure, seuls 3 500 patients l’utilisent, tandis que 400 rétinologues la prescrivent. Mais le destin d’OdySight vient de changer avec la décision de la Sécurité sociale, en application de l’article 51 de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2018, de prendre en charge intégralement le système de télésurveillance. Grâce à ce protocole, les concepteurs d’OdySight espèrent pouvoir toucher 8 000 patient supplémentaires.

L.C.

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