Dans la foule, ça roule !

Lausanne, le samedi 2 avril 2022 – Nous l’évoquions récemment dans ces colonnes, les accidents liés aux trottinettes électriques se sont multipliés depuis quelques années. Les piétons en sont fréquemment les victimes. Dans l’avenir ces derniers pourraient également être confrontés au danger représenté par des robots de service ou d’assistance. « Les crash tests montrent qu’il existe des probabilités importantes de blessures, qui dépassent même les standards utilisés pour les voitures», relève Diego Paez, chercheur post-doctorant au Laboratoire d’algorithmes et de systèmes d’apprentissage (LASA) de l’Ecole polytechnique de Lausanne (EPFL). Or, si les dommages provoqués par les trottinettes peuvent être parfois d’autant plus déplorés que l’utilité de ce moyen de locomotion n’est pas toujours manifeste, les robots d’assistance, notamment ceux qui peuvent ou pourraient faciliter les déplacements  des personnes présentant un handicap suscitent un intérêt bien plus certain.

Un robot à Lausanne

Améliorer ces robots afin que leur évolution dans un univers très fréquenté ne représente un risque ni pour les personnes qui les entourent ni pour leurs utilisateurs est l’objectif du LASA, dans le cadre du projet CrowdBot, un consortium réunissant sept organisations, coordonné par l’INRIA et financé par un programme européen. Ainsi, les jours de marché à Lausanne, les équipes du LASA laissent évoluer Qolo (Quality of Life with Locomotion). Ce dispositif semi-autonome conçu par des chercheurs japonais de l’Université de Tsukuba (Japon) est dédié aux personnes à mobilité réduite : il allie des roues motrices actives à un exosquelette. Son utilisateur peut être selon son choix en position assise ou debout.

Capteurs et algorithmes

Afin de fluidifier le parcours de Qolo dans les travées du marché, le LASA l’a équipé de capteurs, dont un lidar (laser) à l’avant et à l’arrière et de caméras. «Cette vision à 360 degrés de l’environnement lui permet de repérer tout obstacle potentiel, tant ceux qui lui font face que ceux derrière lui. Savoir ce qu’il y a dans le dos du robot est important pour planifier des manœuvres d’évitement qui peuvent impliquer de reculer. Tandis que les Lidars détectent tous les obstacles, les caméras permettent de vérifier si ces derniers sont des piétons », détaille sur le site de l’EPFL Diego Paez. Qolo est également doté d’un pare-chocs, dont l’activation envoie un signal qui permet au dispositif non pas seulement de s’arrêter en cas de choc mais de contourner l’obstacle. Evidemment le tout fonctionne grâce à des algorithmes de détection et de suivi. Les résultats de l’expérience en vie réelle, essentielle compte tenu de l’impossibilité de « prévoir » les réactions des piétons montrent que ces derniers continuent à évoluer normalement en présence de Qolo.  «Nous devons encore analyser les résultats mais il semble que l’aspect semi-autonome du robot fonctionne bien », se félicite Diego Paez.

M.P.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article