Faut-il interdire X (et autres TikTok) aux mineurs ?

Paris, le samedi 7 octobre – Les réseaux sociaux sont sous le feu des critiques et une petite musique se fait entendre : et si nous en interdisions l’accès aux mineurs ?

Facteur reconnu de dépression

Se basant sur des travaux publiés par son entreprise, Public Health Expertise (PHE), le Dr Martin Blachier, rendu célèbre par l’épidémie de Covid-19, informe, via les réseaux sociaux (!), de la potentielle dangerosité de ces plateformes pour les jeunes. Une revue de la littérature révèle ainsi que l'utilisation des TikTok, Instagram et autre Snapchat est corrélée à la survenue de dépression chez les adolescents, notamment en raison du cyberharcèlement. S'appuyant sur ces constatations tirées de la presse médicale internationale, le Dr Blachier et son équipe ont développé un modèle mathématique complexe pour étudier les avantages possibles d'une utilisation des réseaux sociaux inférieure à 1 heure par jour et d'une éventuelle interdiction des réseaux sociaux aux adolescents.

Selon ces travaux, réduire l'utilisation des réseaux sociaux à une heure quotidienne permettrait de diviser par deux le nombre d'épisodes dépressifs chez les jeunes. Un bannissement total de ces réseaux réduirait cette prévalence par six. Ces données mériteraient cependant d'être confirmées en vie réelle. Quoi qu'il en soit, le Dr Blachier promet une publication prochaine dans une revue à comité de lecture.

L’addiction à l’abrutissement

Rappelons également ici les conclusions d’une enquête sénatoriale sur TikTok : « l’algorithme de TikTok est particulièrement efficace pour capter l’attention de ses utilisateurs. Multipliant les interactions, le format court des vidéos permet à l’algorithme de cerner rapidement leurs intérêts. Cette captation de l’attention est telle que certains psychologues considèrent qu’il existe une « addictivité » de TikTok. Si le débat scientifique sur le terme « addiction » pour désigner les effets des écrans n’est pas tranché (certains psychologues ont préféré parler d’« abrutissement » s’agissant de TikTok !), les constats délivrés par certains praticiens sont préoccupants : impacts en termes de déficit de sommeil, de troubles de l’attention ou encore de sédentarité. S’agissant des plus jeunes, le doute n’est plus permis quant aux effets néfastes des réseaux sociaux et a fortiori de TikTok, sur lequel les mineurs passent près de 2 heures par jour. (…) Les effets sur la qualité de sommeil des enfants et des adolescents sont aussi démontrés : risques de dépression, anxiété et baisse de la concentration en classe ».

Face à cette problématique, le seul contrôle parental ne semble pas satisfaisant, car il engendrerait des tensions au sein des familles. Faudra-t-il encore d'autres arguments avant que l'hyper ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, ne se saisisse du dossier ? À moins que l'on considère, comme cela semble être le cas aujourd'hui, que l'accès à ces réseaux "abrutissants" (sic) soit devenu une nécessité vitale.

PS : cet article sera rapidement posté par notre équipe sur les réseaux sociaux.

F.H.

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