Génération Pac-Man

Paris, le samedi 4 décembre 2021 – Etape inquiétante en ce qui concerne la manipulation du vivant ou majeure pour la médecine : les travaux publiés dans les Proceedings of the National Academy of Sciences par des chercheurs des universités du Vermont, de Tufts et de l’institut Wyss (laboratoire d’Harvard spécialisé dans l’ingénierie inspirée du vivant) sont, quoi qu’ils inspirent, remarquables. Ces scientifiques s’étaient déjà illustrés l’année dernière en présentant les premiers xénobots : c’est-à-dire des organismes synthétiques vivants constitués de cellules souches collectées sur des embryons de grenouilles. Le résultat présente la forme d’un amas de milliers de cellules agglomérées d’environ un millimètre de diamètre.

Cinématique et jeu vidéo

En observant le comportement de ces xénobots, laissés « libres » dans des boîtes de Petri, ils ont pu observer qu’ils se déplaçaient et s’agrégeaient à d’autres cellules d’embryons de grenouilles également présentes dans le milieu. Le résultat de cette « fusion » était un nouveau xenobot. Cependant, petits et faibles, ils mouraient rapidement, sans pouvoir se « reproduire » à leur tour. Aussi, les chercheurs ont eu recours à l’intelligence artificielle, afin de déterminer parmi des millions de combinaisons, quelle serait la forme la plus adaptée à l’obtention d’une « reproduction » viable. Il est apparu «  que si les xénobots prenaient une certaine forme, comme celle [en C] du personnage de jeux vidéo Pac-Man, la réplication se poursuivait pour d’autres générations » résume le quotidien britannique The Guardian. L’expérience a été faite et fut concluante. Il s’agit d’une autoréplication cinématique, phénomène observé pour les molécules, mais qui ne l’avait jamais été pour des organismes vivants.

L’avenir de la médecine régénérative

Les répercussions de ces travaux pourraient être très importantes notamment en médecine. « Si nous parvenons à leur faire faire précisément ce que l’on veut, au bout du compte, c’est la solution ultime en médecine régénérative. Ça serait la solution à des traumatismes graves, des malformations de naissance, des cancers, ou même au vieillissement. Tous ces problèmes existent parce qu’on ne sait pas comment prédire et contrôler quels groupes de cellules vont se former. Les xenobots sont une nouvelle plateforme pour en apprendre plus à ce sujet », s’enthousiasme ainsi le biologiste Michael Levin.



A.H.

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