Il était une fois la révolution… des ultrasons

Paris, le samedi 22 juin 2019 - Pour la chauve-souris ou les cétacés, les ultrasons, ondes mécaniques provoquant des oscillations dans les milieux qu’ils traversent, c’est tout naturel. L’humain, lui, a dû attendre 1880 et Pierre Curie pour en générer, à partir de courants électriques. Trente ans plus tard, Paul Langevin (son élève) crée le premier dispositif émetteur et récepteur d’ultrasons dont l’application sera militaire (sonar). L’échographie médicale suivra vite, développée par les britanniques.
La première sonde échographique à visée médicale (obstétricale) date des années 50. La 2D vint avec les années 70, ainsi que l’écho-doppler, développé dans l’évaluation du débit sanguin et de la résistance vasculaire par un chercheur Inserm français, Léandre Pourcelot.

Révolution de la résolution

Puis l’image est passée en 3D grâce à l’informatique et les indications de l’échographie comme du doppler se sont étendues. A côté de l’imagerie diagnostique, le domaine thérapeutique bénéficie également des ultrasons : de plus haute intensité et délivrés en continu, ils provoquent un échauffement thermique et des modifications locales (bulles de gaz, nécrose, coagulation) pouvant détruire des lésions (cancers du foie et de la prostate, fibromes utérins, glaucome), des calculs (lithotripsie) ou encore le cristallin (phacoémulsification).

Ni dangereuses ni invasives, ces techniques ne cessent de progresser, comme l’indique la lecture du dossier Ultrasons biomédicaux sur le site de l’Inserm. Les perspectives sont si grandes que les auteurs n’hésitent pas à titrer qu’une révolution médicale est en cours !

Délivrance des médicaments

Ainsi, l’holographie acoustique permet une imagerie ultra rapide avec analyse de la dureté des tissus ; l’élastographie, qui améliore déjà l’évaluation hépatique ou thyroïdienne, devrait pouvoir faciliter le diagnostic tumoral ou de l’insuffisance cardiaque. L’échographie 4D (3D au cours du temps) est déjà une réalité, du moins dans les laboratoires de recherche de l’Inserm qui nous promettent un outil d’une précision inégalée. Les petits vaisseaux et même l’interface artérioles-neurones seront visualisables grâce à l’ultrafast doppler, bientôt utilisé pour évaluer la fonction cérébrale du nouveau-né. Quant à la microscopie ultrasonore, elle offrira à l’avenir l’étude des capillaires, si utile en diabétologie ou oncologie.
Côté thérapies, les équipes travaillent sur la neuromodulation ultrasonore (pour certaines dépressions), sur l’imagerie interventionnelle cardiaque ou veineuse (voir et détruire les zones calcifiées, les thromboses) mais aussi sur la délivrance de médicaments en un point précis (tumeur) et surtout, la possibilité de passer la barrière hématoencéphalique.

Le France, qui fut à l’avant-garde dans ce domaine, semble bien déterminée à le rester.

https://www.inserm.fr/index.php/information-en-sante/dossiers-information/ultrasons-biomedicaux

Dr Blandine Esquerre

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