La biotech française ne connait pas la crise

Paris, le samedi 29 janvier 2022 – Plusieurs start-up françaises spécialisées en santé ont réussi à lever des sommes importantes en 2021.

Améliorer la préservation des greffons avec des vers marins, soigner la DMLA avec un implant bionique, imprimer de l’ADN : les start-ups médicales, aussi appelés biotech, partent souvent d’idée originale. Généralement créées par de jeunes ingénieurs ou chercheurs, ces sociétés ont le même objectif : lever des fonds importants afin de pouvoir financer des innovations technologiques en matière médicale. Et ces petites entreprises ne connaissent pas la crise : en 2021, plusieurs biotech françaises ont récolté des dizaines de millions d’euros d’investissement.

Des vers marins pour faciliter les greffes

Le vétéran dans le monde des biotech françaises s’appelle Hemarina. Créé en 2007 par Franck Zal, docteur en biologie marine et chercheur au CNRS, cette société bretonne fabrique des produits sanguins à partir de l’hémoglobine des arénicoles, des vers marins présents sur les côtes bretonnes et normandes. Grâce à ce petit lombric et sa capacité à faire varier son taux d’oxygène, Hemarina a réussi à créer des produits qui améliorent la préservation des greffons. En septembre dernier, l’invention du docteur Zal a été utilisé pour une double greffe de bras en Inde.

Depuis, tous ceux qui se lancent dans le monde des nouvelles technologies médicales rêvent de rencontrer le même succès que Hemarina. Il y a bien sûr beaucoup d’appelés et peu d’élus, mais certains succès sont retentissants. La société Mnemo, spécialisé dans le développement de thérapie cellulaire anti-cancéreuse, a récolté 75 millions d’euros en juin dernier. Treefrog, strart-up basée à Pessac (Gironde) qui se targue de révolutionner le monde des cellules souches, a levé 64 millions d’euros. Mais le record en 2021 appartient à DNA Script, qui comme son nom l’indique, a créé une sorte d’imprimante à ADN, bien plus rapide et économique que les dispositifs actuels de synthèse d’ADN. Grâce à ce procédé, les trois ingénieurs français à l’origine de cette société ont levé 142 millions d’euros en octobre dernier et pourraient bientôt signer un contrat avec le gouvernement américain.Start-up nation

On pourrait aussi citer Pixium Vision, qui a créé un implant bionique qui redonne la vue aux personnes atteintes de DMLA, ou encore MedinCell, qui a signé un partenariat avec le géant israélien Teva pour utiliser sa mini-pompe à médicament sous-cutanée. Bref, le monde de la biotech française se porte bien. Par ailleurs, les Français se lancent également dans l’investissement. Créé en 2018, la société Jeito Capital est devenu en seulement trois ans le premier fonds d’investissement d’Europe en matière d’innovation médicale et de biotechnologie, avec 534 millions d’euros de fonds. « Nous ambitionnons de soutenir une douzaine de sociétés dans leur développement en leur fournissant un appui financier continu, pouvant aller jusqu’à 80 millions d’euros » explique sa présidente Rafaèle Tordjman, ancienne hématologue à Paris.

Le succès des entreprises françaises spécialisés dans les biotechnologies impressionne jusqu’au sommet de l’Etat. En octobre dernier, le Président Emmanuel Macron, adepte de la « start-up nation », invitait à l’Elysée des investisseurs étrangers, pour vanter les mérites des pépites françaises. Attention cependant à ne pas céder à la folie des grandeurs. « Lever des gros montants pour accélérer la croissance reste toujours très compliquée en France » rappelle-t-on chez les investisseurs.

Nicolas Barbet

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