Intouchable sur le toit du monde

Paris, le samedi 9 novembre 2013 – Quand on lui demande de décrire sa vie « d’avant », il évoque une « vie de fou ». Ce cadre dirigeant dans le domaine du tourisme ne se ménageait pas, ne prenait guère le temps de s’écouter, ou de réfléchir. La maladie, une sclérose en plaque évolutive diagnostiquée il y a treize ans, après plusieurs mois d’errance, lui a révélé, en faisant de lui un « homme assis », l’importance de « prendre le temps ». A travers cette leçon qu’il affirme distiller à ses proches régulièrement, on pourrait, un peu rapidement, imaginer que Marc Kopp a totalement renoncé à la « folie » qui était le fil de sa vie « d’avant ». Elle continue au contraire à l’inspirer entièrement.

Douleurs permanentes

Dans sa vie « d’avant », Marc Kopp était un sportif. L’équitation le passionnait. Il avait également déjà sauté en parachute en tandem. Les très nombreux handicaps liés à sa maladie paraissent lui interdire de telles activités physiques : motricité réduite, côté droit paralysé, troubles sphinctériens, coordination des mouvements altérée auxquels s’ajoutent des douleurs permanentes. Cependant, même s’il reconnaît avoir eu comme toute personne frappée par une telle pathologie des moments d’abattement, Marc Kopp, 55 ans, a d’abord choisi de « faire face à la maladie », comme il l’a expliqué au micro de RTL.

Enfiler le maillot de Zinedine Zidane

Faire face, c’est entre autres continuer à fréquenter ceux et celles qui réalisent les exploits dont il aurait pu rêver « avant ». Ainsi, au mois de juillet, il rencontre Mario Gervasi, une véritable star pour toute personne s’intéressant un tant soit peu au parachutisme. Inspecteur parachutiste pour l’équipe de France militaire, Mario Gervasi qui ne cache pas être attiré par les défis extrêmes a déjà sauté au-dessus des pôles Nord et Sud ou encore sur l’Everest. A l’heure où il rencontre Marc Kopp, dans sa région d’origine en Lorraine, il projette de franchir de nouveau le pas au Népal. L’événement devrait jouir d’une importante médiatisation puisque le tandem conduit par Mario Gervasi devrait avoir pour second acolyte Zinedine Zidane. Ce dernier cependant va devoir décliner cette invitation et suggère à Mario Gervasi de lancer le défi à Marc Kopp. Immédiatement, celui-ci est séduit.

Un exploit inaccessible à la très grande majorité des biens portants !

Les obstacles pourtant promettaient d’être nombreux. Il fallait tout d’abord réunir les sommes nécessaires à la préparation et à l’organisation d’un tel exploit. Pour l’ancien cadre dirigeant, le challenge est facilement relevé et les 26 000 euros, grâce à la collaboration d’amis et de donateurs sont rapidement réunis. Les fonds récoltés, l’entraînement physique commence pour Marc Kopp. Il sera rapide : deux mois avant de se retrouver à Katmandou. De cette ville légendaire où il affirme à RTL se sentir « heureux. Probablement un peu fou (…) Mais avant tout heureux », débute l’étape la plus pénible pour Marc Kopp. Pour atteindre l’héliport d’où s’envolera l’hélicoptère qui les emmènera à 10 000 mètres d’altitude, il faut en effet réaliser un « trek d’acclimatation », soit pour celui qui se déplace habituellement en fauteuil roulant, plusieurs longues journées à dos d’âne, ou en s’appuyant sur sa canne et le bras de son ami Mario Gervasi. « Il y avait des montées, des ponts suspendus et des reliefs très escarpés. Je suis arrivé sur les genoux à la drop zone » a confié Marc Kopp au Républicain Lorrain. Cependant, ni la difficulté de ce périple, ni la douleur, pas plus que des conditions météorologiques peu favorables ne dissuadent Marc Kopp de mener à bien son projet. « J’en ai bavé pour l’organiser et je me suis battu tous les jours pour tenir. De toute manière, il n’était pas question de renoncer ».

Quelques secondes inoubliables après de longues épreuves

Arrivés à l’héliport, Marc Kopp et son compagnon de saut s’équipent : combinaisons aménagées et masques à oxygène sont de rigueur pour faire face aux conditions très difficiles du saut. A 10 000 mètres d’altitude, d’où ils vont s’élancer, la température avoisine en effet les moins cinquante degrés. C’est enfin l’ascension et la porte de l’hélicoptère qui s’ouvre. Au micro de Marc-Olivier Fogiel, Marc Kopp se souvient d’une « sensation assez violente ». Puis c’est le saut, ces quelques secondes pour laquelle toutes ces épreuves ont été traversées. Il s’agit d’un saut assez « technique » indique l’intéressé. Cependant, grâce à la présence de Mario Gervasi, Marc Kopp assure avoir pu profiter de ces instants inespérés, « inoubliables », « extraordinaires ».

Rendez-vous au Pôle Nord

Le saut est suivi d’un mélange vertigineux d’épuisement intense (en partie lié à l’altitude) et de bonheur mordant. Marc Kopp, premier handicapé à réaliser un tel exploit, est également devenu en l’espace de ces quelques secondes un héraut (et un héros) pour tous ceux qui, en dépit de la souffrance physique et des handicaps souhaitent pouvoir continuer à se dépasser. Il en est parfaitement conscient et aspire à transmettre un tel message. « J’espère que mon action va servir d’inspiration aux autres personnes qui vivent avec cette maladie. J’espère qu’ils seront nombreux à se lancer comme moi » a-t-il ainsi confié à l’AFP utilisant sur RTL une jolie formule en se présentant comme le « porte-parole des héros d’aujourd’hui ». Un tel exploit et une telle volonté ne devraient pas on s’en doute rester sans lendemain.

Aujourd’hui Marc Kopp et Mario Gervasi nourrissent un rêve plus fou encore : sauter ensemble au-dessus du Pôle Nord au printemps prochain.

Aurélie Haroche

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