Jeu, set et match

Paris, le samedi 27 avril 2019 – Si les victoires répétées et les records jouent un rôle majeur dans la fascination que les sportifs exercent sur certains d’entre nous, le parcours plus accidenté de quelques athlètes suscite également l’attention. Ici, ce n’est pas seulement la performance physique qui attire, mais également la capacité à affronter certaines aléas de l’existence.

Chant du cygne

Ce n’est pas la championne de tennis la plus exceptionnelle que les cours de Roland Garros ou de Wimbledon aient accueilli. Sa carrière a connu des résultats inégaux. Pourtant, beaucoup se souviennent encore de ce jour de juillet 2013 où Marion Bartoli est sacrée à Wimbledon. Le match permet d’effacer des années d’incertitude, de finales ratées, d’espoirs déçus (alors que sa victoire en 2001 à l’US Open Junior avait été remarquée), de relations conflictuelles avec l’équipe de France. Beaucoup y voient une renaissance pour la sportive française, alors qu’il s’agira de l’apogée de sa carrière, avant sa retraite quelques semaines plus tard.

J’adore la vie

« Renaissance ». C’est le titre du récit personnel que la jeune femme de 34 ans publie aujourd’hui. Elle y évoque sans surprise son parcours sportif et revient sur les difficultés de cette carrière, sur les inévitables sacrifices, sur sa relation particulière avec son père qui a suscité de nombreux commentaires. Mais surtout, Marion Bartoli revient sur un épisode qui avait interpellé un grand nombre de ses fans. En 2015, la jeune femme, qui continue d’entretenir une certaine ambiguïté sur un possible retour sur les cours, apparaît très amaigrie. Celle dont les rondeurs s’affichaient sur les terrains de tennis et en première page des magazines a littéralement fondu. Evoluant auparavant entre 72 et 75 kilos, Marion perd près d’une trentaine de kilos en quelques mois. A l’époque, la jeune femme évoque un virus foudroyant contracté en Inde. Elle dément toute anorexie en dépit des rumeurs persistantes. Elle insiste même « Une anorexique va refuser de manger un bout de pain car ça risque de la faire grossir. Ce n'est pas du tout mon cas, j'adore la vie ».

Devenir une brindille

Pourtant, aujourd’hui, dans son récit, Marion Bartoli rétablit la vérité. Si elle a bien contracté une infection ravageuse lors d’un voyage en Inde, son importante perte de poids était une réaction à une relation amoureuse tumultueuse, marquée par les incessantes brimades et moqueries de son compagnon sur sa silhouette. Sans arrêt réprimandée pour ses rondeurs, la jeune femme a entrepris un régime drastique. « J'ai bien gagné Wimbledon, je peux devenir une brindille » pense la jeune femme, Bientôt, une dépression accompagne ces privations. « Je n'avais plus envie de vivre, je n'avais plus envie d'être là. Je  trouvais que c'était inutile tellement ce qu'il me disait était absolument horrible » raconte-t-elle avec sincérité dans son ouvrage. Pourtant, au bout de quelques mois, Marion Bartoli décide d’échapper à cet enfer en mettant fin à cette relation toxique.

Riche d’enseignement

Ce témoignage est publié dans la lignée de nombreux autres récits sur l’anorexie et/ou sur les relations dites "toxiques" dont l’impact sur la santé mentale d’un des partenaires peut-être particulièrement délétère. Ces récits, notamment quand ils émanent de personnalités dont les réussites apparaissaient exceptionnelles et qui ont présenté un masque rassurant et flatteur au reste du monde, se révèlent tout à la fois étonnants et riches d’enseignement pour mieux comprendre les troubles et les souffrances dissimulés d’un grand nombre de personnes – loin des caméras.

Léa Crébat

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Vos réactions (1)

  • Un non dit qui tue

    Le 27 avril 2019

    Pourquoi cet article dans une publication médicale n'ose pas nommer un chat un chat ?
    Il existe dans tout groupe humain un certain nombre de sujets masculins et féminins dont le seul plaisir est de parvenir à la destruction de ceux qui l'entourent.
    La médecine les nomme des narcissiques pervers.

    Leurs mécanismes d'action pour détruire l'autre, assez stéréotypés, ne sont pas encore assez connus du plus grand nombre, et cela depuis l'enfance et donc l'école. Curieuse complicité de fait de ceux qui pourraient dire et ne disent rien devant ce redoutable fléau. Prévention, où te caches-tu ?

    Dr François-Marie Michaut

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