Toujours un dur à cuire

Los Angeles, le samedi 20 mai 2023 – Dans un documentaire consacré à son parcours, Michael J. Fox raconte son combat contre la maladie de Parkinson.

1990, dans un hôtel en Floride. Michael J. Fox, acteur américain de 29 ans alors au sommet de la gloire (le 3ème épisode de la trilogie Retour vers le futur qui l’a rendu célèbre vient de sortir au cinéma) se réveille après une soirée très arrosée. Il constate alors que son auriculaire gauche tremble de façon incontrôlée, comme s’il ne lui appartenait plus. L’acteur met ça sur le compte de l’alcool et n’y prête au départ pas plus d’attention. « Le tremblement était un message venant du futur » commente l’acteur.

Ainsi commence Still : A Michael J. Fox Movie, un documentaire du réalisateur Davis Guggenheim (notamment auteur du documentaire sur l’écologie Une vérité qui dérange) sorti le 12 mai dernier sur la plateforme de streaming d’Apple. Si « still » signifie à la fois « toujours » et « immobile », Michael Andrew Fox (le « J » est une invention de l’acteur) aura vécu une vie tout sauf immobile.

D’abord parce qu’il n’a cessé, dans les années 1980, de courir les plateaux de tournage, participant parfois à plusieurs séries et films en même temps jusqu’à devenir mondialement célèbre grâce à ses aventures spatio-temporelles en Delorean. Surtout parce qu’il est atteint, depuis 1991, de la maladie de Parkinson, qui lui fait subir des tremblements incessants, de véritables « décharges » très douloureuses commente l’acteur.

Tout sauf immobile

Dans ce documentaire qui lui est entièrement consacré (il est l’unique personne interrogée et réalise le commentaire du film), l’acteur de 61 ans décrit son combat contre la maladie de Parkinson, sans pathos ni violon, avec un mélange d’humour et de sage détermination. Diagnostiqué à tout juste 30 ans, l’acteur est d’abord passé par une phase de déni. « Quand le médecin m’a donné le diagnostic, je lui ai dit « vous savez qui je suis ? Je ne suis pas dans la tranche d’âge qui est censé être affecté ». Il a alors utilisé des mots comme « progressive », « dégénérative » et « incurable ». Ma vie a basculé » se souvient l’acteur plus de 30 ans plus tard. Il sombre alors dans l’alcoolisme, cache sa maladie et enchaine les cachets pour dissimuler le plus possible ses tremblements sur les plateaux de tournage (le documentaire nous montre des extraits de films et séries de l’époque où il est a posteriori difficile de ne pas voir la main gauche de l’acteur trembler).

Puis vient l’acceptation. En 1998, l’acteur révèle au public qu’il est atteint de la maladie de Parkinson. « Après l’annonce de ma maladie, j’avais peur qu’on me rejette, qu’on ne me comprenne pas, qu’on me trouve moins drôle » se remémore l’interprète de Marty, qui dit avoir été étonné par l’accueil chaleureux du public. La maladie gagne du terrain à partir du début des années 2000 et l’acteur est contraint de fortement ralentir sa carrière.

Chuter pour mieux se relever

Une grande partie du documentaire est consacré à montrer la vie quotidienne de cet homme de 61 ans rongé par la maladie. A sa demande expresse, rien n’est occulté. Michael J. Fox tremble presque sans interruption, rencontre des difficultés d’élocution et voit parfois son visage se figer. « Avant, je croyais que mon expression faciale diminuait car j’étais plus à l’aise devant la caméra, que j’avais un jeu plus subtil, mais non je ne m’améliorais pas, j’étais malade » commente l’acteur.

Surtout, le comédien, qui semble déterminé à continuer à marcher vite comme dans sa jeunesse, ne cesse de tomber et multiplie les fractures : bras, jambes et même, visage. « J’ai vu son état se détériorer entre le début et la fin de notre tournage, il s’est cassé l’épaule, le bras, la main, la joue… il s’est rendu aux urgences au moins six fois pendant la production de Still » commente Guggenheim.

Comme dans tout bon film à l’américaine, le documentaire finit sur une bonne note, en rappelant que la fondation de Michael J. Fox a permis de récolter plus de 2 milliards de dollars pour la recherche contre la maladie de Parkinson et en montrant l’acteur entouré d’une famille aimante. « La version triste veut que Michael J. Fox ait été détruit par une maladie handicapante, mais c’est rasoir. Je ne suis pas pathétique, je suis un dur à cuire, un increvable » conclut l’acteur, qui, malgré l’âge et la maladie, conserve sa bonne humeur d’éternel adolescent.

Quentin Haroche

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