Vend centre de dépistage Covid, très peu servi, bon état

Birmingham, le samedi 11 novembre 2023 – Le gouvernement britannique s’apprête à vendre un centre géant de dépistage de la Covid-19, suscitant la crainte d’un gigantesque gâchis d’argent public.

Le « quoi qu’il en coute » n’a pas été qu’une idée française. Partout dans le monde, les pays les plus développés ont dépensé sans compter pour s’armer contre la Covid-19 durant ces années de pandémie. Que l’on songe par exemple à ces hôpitaux géants construits en quelques semaines en Chine pour accueillir des milliers de patients. Mais maintenant que la pandémie est oubliée (si ce n’est terminée), ces superstructures construites en un clin d’œil sont des vestiges d’un passé dont l’on aimerait bien se débarrasser.

C’est notamment le cas outre-Manche où le gouvernement britannique s’apprête à vendre le plus grand centre de dépistage du royaume, situé dans la ville de Leamington, près de Birmingham dans le nord de l’Angleterre. Ouvert en juin 2021, le laboratoire Rosalind Franklin, du nom de la chercheuse britannique qui a découvert la structure de l’ADN (et dont les mérites ont longtemps été oubliés) a employé pendant deux ans plus de 1 500 personnes et a réalisé plus de 8,5 millions de tests. Sur une surface de près de 22 000 mètres carrés, le laboratoire, aménagé dans un ancien entrepôt, contient notamment une cantine, des vestiaires et du matériel scientifique à foison pour mener des tests.

455 millions de livres dépensés et aucun emploi créé

Au moment de la création du laboratoire, annoncée en grande pompe par le gouvernement britanniques, les autorités avaient assuré que le projet était pérenne et que le laboratoire resterait en service même après la pandémie, pour mener notamment des recherches sur le cancer. Mais les promesses n’engagent que ceux qui y croient et la fin de la crise sanitaire a finalement eu raison du laboratoire. Après 18 mois de bons et loyaux services, le laboratoire a fermé ses portes le 16 janvier dernier. Libéralisme anglo-saxon oblige, tous les employés du site ont été remerciés du jour au lendemain. « Nous sommes heureux de constater que nous n'avons plus besoin d’autant de tests Covid » s’était alors contenté de commenter la municipalité.

Aujourd’hui, selon les informations de la BBC, le UKHSA, l’agence de santé publique britannique, cherche à revendre ce laboratoire devenu inutile, à un prix demeuré inconnu. Un véritable scandale pour le député de la circonscription, le travailliste Matt Western, qui dénonce un « gâchis colossal d’argent public par le gouvernement », la mise en place de ce laboratoire géant ayant couté plus de 455 millions de livres (520 millions d’euros environ). Le député se souvient que lors de la création du laboratoire, le gouvernement lui avait assuré que plusieurs milliers d’emplois allait être créé dans la région de manière pérenne. Il demande qu’une enquête parlementaire soit mené sur la gestion financière de ce qu’il estime être un véritable fiasco.

L’heure du bilan au Royaume-Uni

Face à ce début de polémique, le UKHSA a assuré que le laboratoire serait vendu de préférence à une société agissant dans le domaine scientifique, indiquant que des entreprises travaillant dans la médecine de pointe, la biologie médicale ou la génétique pourraient profiter des installations du laboratoire. « Le laboratoire a joué un rôle central dans la lutte contre la pandémie et plusieurs options sont envisagés pour l’exploitation du site, tout en nous assurant de la meilleure utilisation des deniers publics » a assuré l’agence de santé publique.

Comme de nombreuses nations démocratiques, le Royaume-Uni s’interroge sur la manière dont son gouvernement a géré les années difficiles de la crise sanitaire.

Une commission d’enquête, qui doit se réunir jusqu’en 2026, mène actuellement des investigations sur la gestion des débuts de la pandémie, dont les premières conclusions sont particulièrement sévères pour l’ancien Premier ministre Boris Johnson.

Quentin Haroche

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