A propos de quoi, le ministre de la Santé iranien a-t-il été démasqué ?

Paris, le samedi 25 avril 2020 - La glorification des personnels de santé partout dans le monde fait souvent grincer des dents. Si les soignants se montrent souvent reconnaissants des témoignages de sympathie de la population, ils manifestent plus de réticence vis-à-vis des discours politiques dont ils redoutent la duplicité. La constatation concerne évidemment les pays occidentaux et libres, mais de façon plus amère encore les états dictatoriaux qui se sont faits une règle de la manipulation de l’information.

Une preuve bien fragile

C’est ainsi qu’il y a une dizaine de jours, le ministre de la Santé iranien, très critiqué pour sa gestion calamiteuse de l’épidémie de Covid-19 a brandi sur son téléphone la photographie du visage d’une infirmière ayant conservé les marques des lunettes portées pendant de longues heures. « Pour réaliser à quel point nos collègues sont sous pression, regardez simplement cette photo. Je vous montre l’image d’une collègue, une sœur, une image qui m’a été envoyée par un de nos hôpitaux. C’est une infirmière qui travaille en unité de soins intensifs. Ceci est arrivé à son visage après des heures de torture sous des masques. Alors que partout dans le monde, vous voyez des infirmières descendre dans la rue dès qu’elles manquent d’équipement » a-t-il décrit. Ainsi, le ministre a cherché à louer le sens des responsabilités et l’engagement des personnels soignants iraniens tout en suggérant que ces derniers disposaient, à la différence de leurs confrères occidentaux, de dispositifs de protection suffisants.

Amateurisme

Mais, comme le signale France 24, quelques jours plus tard, il a été révélé que le visage ainsi exposé n’était pas celui d’une infirmière iranienne mais d’une professionnelle brésilienne Amanda R. exerçant à Rio de Janeiro. Cette erreur, alors qu’il existe des images comparables de soignants iraniens dont le visage a également été meurtri par le port de protections, paraît être un témoignage supplémentaire de l’amateurisme et de la politique spectacle du ministère de la Santé iranien. Par ailleurs, l’utilisation de ce type d’images (au-delà de l’erreur sur la nationalité de l’infirmière) peut être discutable : on sait en effet que certaines photographies font l’objet de retouches pour accentuer l’effet des marques sur le visage comme le remarque France 24. Pas sûr pourtant que ce type d’outrances et d’exagérations soient nécessaires pour comprendre le niveau d’engagement des personnels de santé.

Léa Crébat

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Vos réactions (2)

  • Propagande et totalitarisme

    Le 25 avril 2020

    Qu'attendre des dirigeants d'un pays totalitaire tenant son peuple en otage et le privant de toutes les libertés élémentaires pour satisfaire ses visées génocidaires (destruction d'Israël) et répandre son terrorisme dans le monde entier ?

    Dr Alexandre Krivitzky

  • Iran et propagande

    Le 30 avril 2020

    Je soutiens le texte de cet article. Merci à ceux qui sont vigilants.

    Dr EH

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