A qui fait-on appel quand on est malade ?

Bruxelles, le samedi 30 avril 2022 – Il est de plus en plus fréquent qu’un patient dise à son médecin qu’il a déjà tapé ses symptômes sur Google ou un autre moteur de recherche et lui explique doctement qu’il a déjà lui-même porté son diagnostic. L’emprise des réseaux sociaux, la difficulté grandissante à obtenir une consultation réelle avec un médecin mais également la pandémie de Covid-19 ont favorisé le phénomène de la « cybercondrie » qui consiste à consulter Internet au lieu d’aller voir son médecin au moment où les premiers symptômes d’une maladie se font jour.

56 % des Français préfèrent Internet à leurs médecins

Selon un sondage réalisé en 2021 par l’agence de statistique Eurostat, affilié à la Commission Européenne, ce sont 55 % des citoyens européens de 16 à 74 ans qui vont en priorité aller sur Internet en cas de symptômes plutôt que de consulter un médecin. D’après l’enquête, ce sont les Européens du nord qui souffrent le plus de cybercondrie : 80 % des Finlandais et 77 % des Néerlandais préfèrent rechercher leurs symptômes sur Google plutôt que de les soumettre à l’œil avisé d’un médecin.


Les Européens de l’Est sont plus réticents à faire appel aux nouvelles technologies et préfèrent continuer à faire confiance à leurs praticiens : seulement 36 % des Bulgares et 40 % des Roumains préfèrent Internet à un cabinet médical. Avec 56 % d’individus qui établissent eux-mêmes leur diagnostic sur Doctissimo et autres sites médicaux grand public, la France se situe dans la moyenne européenne. Par apport à la précédente étude sur le sujet datant de 2011, la part des Européens consultant internet en cas de problème médical a augmenté de 17 points.

Anxiogène ou sans danger ?

Selon Eurostat, le fait pour des sujets de faire des recherches médicales en ligne peut amplifier la désinformation médicale, des personnes naïves et inquiètes pour leur santé pouvant sans le vouloir diffuser de fausses informations médicales, comme cela a pu être le cas durant l’épidémie de Covid-19. Mais selon une étude réalisée par des chercheurs de l’université de Harvard en 2021, rechercher ses symptômes sur Internet est relativement sans danger. L’étude réalisée auprès de 5 000 personnes sans formation médicale indiquait que ces individus arrivaient plus souvent à trouver un bon diagnostic lorsqu’ils consultaient Google que lorsqu’ils se fiaient à leurs connaissances de base.


« Notre étude suggère que l’on peut dire à nos patients d’aller se renseigner sur Google » explique le Pr David Levine, auteur de ce travail. « Il n’y a aucun danger à cela et cela peut même être positif ». Il souhaite désormais élaborer un système d’intelligence artificielle basé sur les informations médicales disponibles librement sur Internet et évaluer sa capacité à trouver le bon diagnostic.

Quentin Haroche

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