A quoi une femme française sur cinq a déjà été confrontée ?

Paris, le vendredi 28 mai 2021 - Dans de nombreux pays du monde, ce phénomène affecte l’accès à l’éducation de la moitié de la population. Dans quelques autres communautés, ce phénomène s’accompagne de brimades, de discriminations ou encore de privations. Dans la plupart des états occidentaux, de telles attitudes n’ont plus cours.

Néanmoins, la période des règles n’est encore pas une période presque comme les autres. C’est ce que révèle une enquête réalisée par Opinion Way pour l’association Règles Elémentaires à l’occasion hier de la Journée mondiale de l’hygiène menstruelle. Le sondage révèle en effet que les règles sont encore considérées comme un sujet tabou par 57 % des personnes interrogées. Le silence règne d’abord à l’école puisque seuls 43 % des sondés indiquent avoir reçu un enseignement formel sur le sujet dans le cadre scolaire.
10 % des femmes personnellement confrontée à la difficulté d’acheter tampons et serviettes

L’enquête s’est par ailleurs surtout concentrée sur la question de l’accès aux protections périodiques. Il apparaît ainsi que 21 % des femmes indiquent avoir été personnellement (11 %) ou indirectement à travers leur entourage familial (10 %) confrontées à ce qui est appelé la « précarité menstruelle » soit la difficulté d’acquérir un nombre suffisant de produits d’hygiène périodique pour pouvoir éviter tout désagrément empêchant de vivre sereinement cette période.

Inégalités

Dans ce contexte, les personnes interrogées attendent plus des pouvoirs publics : 86 % s’affirment favorables à la mise à disposition de protections d’hygiène intime gratuites pour les plus pauvres. En écho aux résultats de cette enquête, Elisabeth Moreno, ministre déléguée chargée de l’égalité femmes-hommes et Tara Heuzé-Sarmini, directrice de l’association Règles Elémentaires cosignent dans le Monde une tribune qui insiste : « Acheter des protections hygiéniques constitue une source d’inégalités que nous ne pouvons plus occulter. Le tabou des règles a aussi longtemps mis le voile sur le tabou de leur coût. Le combat contre la précarité menstruelle revêt, ce faisant, plusieurs enjeux entremêlés : enjeu de santé publique tout d’abord, de justice sociale et d’égalité des chances ensuite, mais aussi d’égalité entre les femmes et les hommes. Cette Journée mondiale de l’hygiène menstruelle est donc l’occasion de rompre le silence et de dessiller le regard de notre société pour affronter la réalité de la précarité menstruelle ».

Règle à rappeler

Si la légitimité de ce combat pour plus d’égalité est incontestable, d’aucuns ces dernières semaines ont cependant invité à éviter les excès : quelques estimations du coût représenté dans la vie d’une femme par l’achat de protections périodiques ont en effet donné lieu à différentes extravagances. Ces outrances rappellent que même mues par des bonnes intentions, les exagérations finissent toujours par avoir des effets contre-productifs !

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