Au-delà de quelle limite votre carte vitale pourrait être invalidée* ?

Amsterdam, le samedi 8 juin 2019 – L’évolution de la médecine a consisté à permettre à un nombre croissant de patients, et notamment de patients âgés, de bénéficier de techniques et de traitements qui lors de leur initiation paraissaient réservés à ceux dont le profil semblait le plus favorable. C’est ainsi que de nombreuses interventions cardiaques sont désormais fréquemment réalisées chez des octogénaires, voire des nonagénaires, et que l’on n’hésite plus à initier certaines chimiothérapies chez des patients ayant dépassé les 85 ans. Pourtant, la pertinence d’une prise en charge des plus âgés a toujours été discutée, au regard des comorbidités de certains malades notamment (quand ce n'est pas pour des motifs économiques). Mais si une appréciation de chaque situation au cas par cas est indispensable pour éviter les situations d’acharnement thérapeutique, émettre une loi générale systématique apparaît discutable et contraire à une certaine conception du progrès. Aussi, n’est-il pas surprenant que la proposition d’une élue écologiste des Pays Bas à son  Parlement national ait suscité une levée de bouclier. Corinne Ellemeet s’est ainsi interrogée : est-il pertinent de soigner lourdement les plus de 70 ans. « Les gériatres doivent donner leur avis et être écoutés sur la nécessité de certains traitements lourds, opérations cardiaques, nouvelle hanche ou chimiothérapies… » a-t-elle développé. Si la sénatrice s’est défendue de toute arrière pensée économique (même si la multiplication des fermetures des maisons de retraite publiques est une source de préoccupation majeure dans le pays) ou écologique (certains discours n’hésitent plus aujourd’hui à inviter à prendre en compte l’impact écologique de certains traitements), le tollé a été immédiat. « C’est une proposition glaçante faite avec une voix chaleureuse », a ainsi déploré Fleur Agema, députée du parti populiste ultra-conservateur PVV. Si face à la polémique déclenchée, il est peu probable que Corine Ellemeet parvienne à convaincre ses collègues de la pertinence de son approche, le débat a dépassé les frontières des Pays Bas.

En France, tant les professionnels de santé que l’opinion publique sont très attachés au principe d’une prise en charge universelle. Selon une enquête Ipsos publiée en 2017, 85 % des Français estiment que tout doit être mis en œuvre pour soigner une personne âgée et 64 % n’adhèrent pas à l'idée selon laquelle soigner le cancer d'une personne âgée coûte trop cher à la sécurité sociale.

* Au Pays Bas.

Léa Crébat

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