Cent ans après ma découverte, le monde compte pourtant encore des Leonard Thomson : qui suis-je ?

Leonard Thomson en 1922
Paris, le samedi 6 février 2021 – C’était comme le remarque André Carpentier, directeur du réseau de recherche sur le diabète et l’obésité des Fonds de recherche Québec-Santé, au lendemain de la plus grande pandémie de l’ère moderne, la grippe espagnole. Et ce parallèle avec notre situation actuelle, nous rappelle comment les épreuves épidémiques savent favoriser le développement rapide d’innovations thérapeutiques majeures.

Une collaboration gagnante

C’était il y a cent ans, un garçon de 14 ans est admis à l’hôpital général de Toronto. Il semble condamné : le diabète dont il souffre depuis plusieurs années l’a totalement émacié. Il pèse une trentaine de kilos et est épuisé. Cependant, quelques mois auparavant, les docteurs Frederick Banting et Charles Best, sous l’égide du Dr John Macleod ont commencé à travailler à l’extraction d’une substance de pancréas de chiens afin de l’administrer à d’autres chiens rendus diabétiques. Ils ont pu constater que ce traitement permettait en partie d’améliorer l’état des animaux, même si les résultats manquent de constance. Aussi, avec l’accord des parents de Leonard Thomson*, ils réalisent début 1921 la première injection. La glycémie de l’adolescent diminue : passant de 24,5 à 17,8 mmol/L. Mais le manque de pureté de l’insuline altère son efficacité. Grâce aux travaux de purification du chimiste James Collip, une seconde injection est réalisée douze jours plus tard, utilisant de l’insuline de bœuf. L’intervention est un succès : la glycémie chute de 28,9 à 6,7 mmol/L. Très vite, l’équipe, qui sera quelques années plus tard récompensée par le Prix Nobel, comprend que l’administration doit se faire quotidiennement. Le traitement du diabète de type 1 par insuline était né et son industrialisation devait être rapide, avant de nombreuses  améliorations au fil des décennies.

150 000 jeunes de 65 pays soutenus pendant dix ans

Alors que ce traitement révolutionnaire, qui affirme André Carpentier « a sauvé plus de gens à travers le monde que tous les grands conflits armés en ont tués », fête ses 100 ans cette année, le sort de Leonard Thomson est encore celui de milliers d’enfants et d’adolescents à travers le monde, privés d’une prise en charge adaptée. Aussi, pour célébrer cet anniversaire Eli Lilly and Company et Life for a Child (LFAC) ont décidé d’accroître leur partenariat pour soutenir un nombre plus important de jeunes atteints de diabète dans les pays en voie de développement. Ainsi, « À partir de février 2021, ils seront 150 000 jeunes, répartis dans 65 pays, à bénéficier de ce soutien au cours des dix prochaines années. Le programme s’efforcera également de renforcer l’accès à ces soins dans tous les pays où il est actif. Le soutien pour la prise en charge du diabète de type 1 comprend l’accès au traitement par insuline à la fois basales et prandiales, aux stylos réutilisables, à la surveillance de la glycémie, à la mesure de l'HbA1c et à l’éducation sur le diabète » détaille le laboratoire Eli Lilly, leader mondial dans la distribution d’insuline.

* Leonard Thomson est mort de pneumonie après 13 ans de traitement par insuline.


A.H.

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Vos réactions (1)

  • Génération privilégiée

    Le 06 février 2021

    Cet article est des plus intéressant et rappelle que nous sommes une génération privilégiée par les découvertes des chercheurs en Médecine.

    Mary MG, retraitée

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