Comment pourrait-on supprimer un million de voitures… tout en continuant à rouler ?

Paris, le samedi 2 octobre 2021 – Nos responsables politiques ont beau être la cible facile de nos railleries et récriminations, leur mission actuelle n’en reste pas moins incommensurable. Ils se doivent en effet de trouver les moyens de préserver l’état de notre planète, d’économiser nos ressources énergétiques tout en ne revenant pas trop considérablement sur les progrès dont jouissent nos sociétés occidentales et dont aimeraient profiter des millions d’autres habitants du monde. Bien sûr, pour ce faire, d’aucuns sont facilement tentés par des mesures autoritaires, faisant fi de certains principes majeurs. Mais d’autres préfèrent se tourner vers l’innovation technologique.

Une technique pour conserver les greffons

Comment par exemple perpétrer la précieuse conservation des aliments (d’autant plus précieuse qu’elle permet de limiter les phénomènes énergivores de gâchis) tout en diminuant les énormes dépenses énergétiques qu’entraîne la congélation ? Des chercheurs américains de l’université de Berkeley en Californie se concentrent sur cette question depuis plusieurs années. La congélation isochore est bien connue du monde médical. Elle est en effet aujourd’hui largement utilisée pour la conservation et le transport des organes et des tissus avant une transplantation. Elle consiste en l’immersion du produit que l’on souhaite conserver dans une solution isotonique à l’intérieur d’une chambre fermée. L’intérêt de cette méthode par rapport à la congélation classique est que l’objet ainsi conservé n’est pas gelé, ce qui permet d’éviter de l’altérer. Par ailleurs, elle offre les mêmes garanties en ce qui concerne l’absence de contaminations microbiennes, tandis qu’il n’existe pas de risque de rupture de la chaîne du froid.

Congeler des tomates

L’innovation de l’équipe de Berkeley en Californie est d’avoir démontré que la congélation isochore pouvait être utilisée en toute fiabilité pour les aliments, y compris pour ceux qui résistent mal à la congélation classique comme les tomates ou les cerises. « L'ensemble de la chaîne de production alimentaire pourrait utiliser la congélation isochore : des producteurs aux industriels en passant par les supermarchés. Le processus pourrait même fonctionner pour les particuliers : le tout sans nécessiter d'investissements majeurs », s’enthousiasme Tara McHugh, directrice du Western Regional Research Center (WRRC) d’Albany qui a co-présidé l’étude.

Les chercheurs ont déposé un brevet et s’intéressent désormais à l’application de leur méthode à grande échelle. L’impact en termes de consommation énergétique pourrait être majeur : « Une transition complète vers cette nouvelle méthode de congélation dans le monde entier pourrait réduire la consommation d'énergie jusqu'à 6,5 milliards de kilowattheures chaque année tout en réduisant les émissions de carbone de 4,6 milliards de kg, soit l’équivalent de voir disparaître environ un million de voitures des routes », compare Cristina Bilbao-Sainz, du Department of Agriculture's Agricultural Research Service.


M.P.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions (1)

  • Autres modes de conservation

    Le 04 octobre 2021

    Je suis étonnée qu'on ne parle pas de lactofermentation. Si le but est réellement de diminuer la consommation d'énergie, voilà un moyen relativement facile et abordable.
    Pour les personnes curieuses: https://www.leparfait.fr/mode-emploi-fermentation

    Alain Mari-Wenn (IDE)

    ALLAIN M.W. IDE

Réagir à cet article