Essais cliniques : qui se montre le plus transparent ?

Paris, le samedi 5 mars 2022 – Démocratisation de la science, facilitation du travail des chercheurs, transparence, limitation des risques de pratiques frauduleuses : les arguments en faveur d’un libre accès aux données de la science sont nombreux. Tant et si bien que le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche s’est donné pour objectif « un taux d'accès ouvert de 100 % en 2030 ». Si on est loin aujourd’hui d’un tel niveau, la progression a cependant été remarquable au cours des dernières années. C’est ce que révèle le Baromètre santé de la Science ouverte (cité cette semaine sur son blog par le docteur Hervé Maisonneuve).

Les Français ne veulent pas payer pour qu’on les lise… ni pour lire

Ainsi, aujourd’hui, 72 % des publications scientifiques françaises dans le domaine de la santé sont en accès libre et 62 % tous secteurs scientifiques confondus, contre respectivement 46 et 38 % en 2018. Cette forte augmentation est probablement en partie liée à l’épidémie de Covid 19 qui a encore renforcé les attentes de la société en la matière. Ces résultats sont à mettre en parallèle avec l’engouement que suscite en France le portail Sci-Hub qui donne accès gratuitement (de façon illégale) à des articles normalement payants. Selon un tableau publié par la fondatrice russe de cette plateforme (tableau dont la construction n’est pas explicitée note le docteur Hervé Maisonneuve sur son blog) les Français sont les troisièmes plus grand utilisateurs de ce site après les Etats-Unis et la Chine. Faible financement de l’accès aux revues par les institutions publiques et réticence « philosophique » française à l’idée de payer expliquent sans doute cette tendance apparente… qui se double donc d’une attitude cohérente en ce qui concerne les pratiques de publication.

La recherche privée plus souvent publiée ?

Le baromètre de la Science ouverte livre également des informations sur la publication des résultats d’essais cliniques. Ainsi, on constate que les résultats de 57 % des essais cliniques terminés ont donné lieu à une publication: un chiffre qui atteint 76 % quand les travaux ont été lancés sous l’impulsion de promoteurs industriels, contre 31 % pour les groupes de recherche publics. On retrouve la même différence en ce qui concerne les études observationnelles : le taux de publication atteint 39 % avec des promoteurs industriels contre 17 % dans le secteur public (avec un niveau moyen de 23 %). Bien sûr, le défaut de transparence n’est probablement pas l’unique raison de cette distorsion, qui peut également s’expliquer par des moyens humains et financiers moins importants dans le secteur public pour mener à bien cette étape complexe de la publication.


A.H.

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