Mais pourquoi les bébés pleurent-ils la nuit ?

Paris, le samedi 26 avril 2014 – Le temple de la statistique, l’INSEE, s’était intéressé dans le « portrait social » qu’il dressait de la France en 2012 aux heures auxquelles les Français ont l’habitude de se coucher. Il apparaissait par exemple qu’à trois heures du matin, 96 % des Français dorment du sommeil du juste. Qui sont les 4 % restants ? Des travailleurs nocturnes pour la plupart. Mais aussi, quelques mères (et plus rarement des pères) sorties de leur lit par les pleurs de leur nourrisson. Les heures passées sans sommeil sont en effet nombreuses chez les jeunes parents : selon un sondage réalisé cet automne en Grande-Bretagne pour une marque de matelas, lors de la première année d’un enfant, ils ne dorment en effet en moyenne que 5,1 heures par nuit. Le Daily Mail qui reprenait cette information avait à l’époque calculé que 44 jours de sommeil sont ainsi perdus par ces valeureux parents qui bercent, nourrissent et soignent leurs tout petits.

Plutôt la survie individuelle que la perpétuation de l’espèce !

La plupart des parents ainsi réveillés affrontent leur destin avec abnégation : sans se plaindre, ils attentent patiemment le miracle de la première nuit qui ne sera pas entrecoupée de sanglots étouffés. D’autres, plus rebelles, cherchent à comprendre. Et ils découvrent rapidement que le web regorge de résumés d’études s’étant penchées sur le sujet. Par exemple, en janvier 2013, la toile s’était passionnée pour des travaux publiés dans Developmental Psychology qui tranchait un très vieux débat en affirmant qu’il était préférable de laisser les bébés se rendormir seuls lorsqu’ils pleurent la nuit, au risque de dérégler leur sommeil. Voilà cependant qui ne satisfera pas tous les parents et notamment ceux soucieux non pas seulement de savoir comment agir mais d’abord de comprendre les raisons des pleurs. Fin février, la revue Evolution medicine and public health sous la plume de David Haig, spécialiste de biologie de l’évolution à l’Université de Harvard, leur a offert une réponse. Si les nourrissons pleurent la nuit, c’est uniquement par instinct de survie explique le scientifique. Par leurs cris, ils monopoliseraient l’attention de leurs parents et les empêcheraient d’avoir une activité sexuelle pouvant donner naissance à un second enfant. En favorisant l’espacement des naissances, les nourrissons augmentent ainsi leur chance de rester en vie. « Les naissances rapprochées sont associées à une augmentation de la mortalité infantile » rappelle en effet David Haig. Ce dernier va même plus loin en affirmant que si, comme certaines mères l’affirment parfois, les nourrissons allaités « font » plus tardivement leur nuit, c’est parce que l’allaitement prolonge l’aménorrhée de la mère après l’accouchement. Reste à savoir si répéter chaque soir à son nouveau-né qu’on ne veut pas de nouvel enfant avant longtemps (voir plus !) suffira à faire passer le marchand de sable durablement.

Aurélie Haroche

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Vos réactions (5)

  • Parce qu'ils sont complices de Papa !

    Le 26 avril 2014

    Ou alors, c’est qu’ils n'ont rien compris, ces chers petits ! Parce que, lorsque Maman est ainsi réveillée, elle n'a plus d'alibi à opposer à Papa qui sait aussi lui expliquer que faire l'amour lui assurera ensuite un repos réparateur tout ce qu’il y a de plus naturel, pas contre-indiqué même en cas d'allaitement! Et c’est si bon, et si indispensable, quand Bébé se calme enfin, de se retrouver à deux !

    Dr P Foulon, père de 6 enfants...
    PS: Mille excuses à toutes celles qui ne me connaissent pas à qui je dois sembler un horrible macho ; mais cet article réjouissant au milieu d’articles graves voire dramatiques prête à sourire, alors… ! Et bon courage à tous les parents qui connaissent cette période tellement merveilleuse !

  • Parce qu'ils ne peuvent pas parler

    Le 27 avril 2014

    c'est fort étonnant qu'une seule explication à dimension sexuelle soit donnée aux lecteurs, n'y a-t-il pas dans ces fameux pleurs une source plus rationnelle de la peur d'être séparé de ce qui faisait auparavant un et qu'une frustration en soit le moteur "écoutez-moi, je ne sait pas parler, alors je pleure, j'ai des choses à vous raconter... alors je pleure".

    Raphael Nassif

  • A moins que le bruit la nuit...

    Le 27 avril 2014

    ...soit plus perceptible dans le silence, et la vigilance des parents plus exacerbée ?

    Dr C. Larochelle

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