Pourquoi est-il dangereux d’être trop optimiste ?

Paris, le samedi 4 mai 2013 - Le jeu pathologique est un trouble du contrôle des impulsions, qui concernerait entre 1 à 3 % de la population générale (donnée nord américaines). Le joueur pathologique est incapable de limiter la fréquence et la hauteur des mises engagées dans des jeux de hasard ou d’argent,  avec des conséquences le plus souvent  dramatiques sur la vie personnelle et familiale. Cette étude conduite chez 18 joueurs pathologiques et 20 volontaires sains, par l’équipe de JC. Dreher (Centre de neuroscience cognitive - CNRS/Université Claude Bernard Lyon 1), a permis de confronter deux hypothèses cognitives avancées pour expliquer ces comportements. La première théorie (A. Tversky et D. Kahneman, 1979) postule que les joueurs pathologiques présenteraient un « biais cognitif de distorsion des probabilités » c’est-à dire qu’ils surestiment les faibles probabilités et sous-estiment les fortes probabilités. La seconde hypothèse (elevation hypothesis) suggère que ces joueurs présenteraient un « biais cognitif d’optimisme généralisé »  et surévalueraient systématiquement la probabilité de survenue des évènements, quelle que soit leur chance réelle de survenue.

Fatal optimisme !

Selon les résultats publiés dans la revue Psychological medicine (1) « cette attraction irrésistible pour les jeux d’argent ne s’explique pas par une distorsion exagérée des probabilités, mais par un biais d’optimiste augmenté. » Quelle que soit les chances objectives de gagner un pari, le joueur pathologique les surestime. Les chercheurs ont également montré que plus le biais est important et plus les symptômes sont sévères. Outre les implications potentielles de cette découverte pour améliorer la prise en charge, ces résultats devraient également faciliter le diagnostic vu la simplicité et la rapidité de la procédure employée pour mesurer la représentation des probabilités. Des questions restent encore sans réponse et, en particulier, ce rapport biaisé aux probabilités s’accompagne-t-il d’une sensibilité accrue aux récompenses et/ou d'une insensibilité aux pertes d’argent ?

Les recherches se poursuivent…

Isabelle Birden

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