Quel est le mot de l’année ?

Oxford, le samedi 6 décembre 2014 – L’année dernière, le « selfie » s’était imposé. En 2014, la concurrence était rude. Les responsables du prestigieux dictionnaire Oxford allaient-ils se laisser tenter par le mot « bae » qui a fait fureur cette année sur les réseaux sociaux pour désigner son ou sa fiancée ? Ou allaient-ils préférer  « slacktivism » qui évoque les actions conduites sur internet pour soutenir une cause ? Un peu trop fumeux sans doute. Les linguistes et autres spécialistes du vocabulaire se sont rendus à l’évidence : cette année, le mot ultime est « vapoter ». « Un fossé a émergé dans le lexique, et un mot était nécessaire pour décrire cette activité et la distinguer du fait de fumer. Le mot "vapoter " vient combler ce manque, et il a proliféré avec cette activité » remarque la direction du dictionnaire pour expliquer son choix de désigner ce terme comme le mot de l’année 2014.
Les raisons de la victoire de « vapoter » ne manquent pas. Son usage a doublé entre 2013 et 2014, il existe dans de nombreuses langues (d’ailleurs le français « vapoter » a lui aussi fait récemment son entrée dans certains dictionnaires) et le mot renvoie à des considérations qui vont bien au-delà des volutes de fumée qu’il évoque. Comme le remarque Casper Grathwohl dans le Times, cette activité de « vapoter », a en effet donné lieu à de nombreuses discussions concernant aussi bien la notion de santé publique, d’exemplarité ou de liberté. Ces questions d’ailleurs sont loin d’être toutes résolues. Faut-il interdire le vapotage au prétexte qu’il rappelle le fait de fumer ? Le vapotage est-il une menace pour la santé publique ou la manifestation d’une défense de la liberté face à certaines règles contraignantes ?

Vapoter ou ne pas vapoter, telle est la question.

Léa Crébat

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