Quelle pseudo innovation a de nouveau suscité la colère de certains médecins ?

Paris, le samedi 24 avril 2021 – Il n’est pas rare de lire de saines colères sur le fil Twitter du docteur Jérôme Marty, président de l’Union française pour une médecine libre (UFML). Cette semaine, l’ire concernait une information reprise par BFM.TV : « Mais p.... combien de fois il faudra le dire: le mode principal de contamination, le danger en lieu clos, c’est l’#aérosol : le virus en suspension excrété par les personnes contaminées qui créent un nuage viral que tout le monde est susceptible de respirer dans la même pièce ! ». Pourquoi ce rappel ? Parce que comme cela a déjà été le cas plusieurs fois depuis le début de la pandémie, à la faveur d’opérations de communications d’industriels, quelques médias se sont intéressés aux portiques désinfectants. Il s’agit de dispositifs qui utilisant des produits virucides diffusés sous forme d’une brume sèche électrostatique, associés ou non à un système d’ozone et d’UV pour détruire les germes affirment « désinfecter » les utilisateurs. Aussi, quelques rares maisons de retraite ou magasins ont fait l’acquisition de ces curieux portiques.

Retour en arrière

Le hic évidemment comme le rappelle Jérôme Marty et d’autres avec lui est que ces systèmes n’offrent aucune garantie contre SARS-CoV-2 en raison de son mode de transmission. Ainsi, sur le site Allo docteur, le docteur Benjamin Davido (Raymond-Poincaré, AP-HP) met en garde :

« Le message que font passer ces portiques est équivalent au « il suffit de se laver les mains pour éliminer le Covid », qui date de février 2020 et qui avait été lancé faute de masque, et faute de vaccins à cette époque évidemment ». Sur Twitter, Eric Billy, chercheur en immuno-oncologie à Strasbourg, membre du collectif Du côté de la science lui fait écho : « Donc la contamination par le #SARS_CoV_2 est aérienne et ils proposent des SAS de désinfection qui sous-entendraient une contamination par contacts ». Même certains des industriels qui proposent ces portiques le reconnaissent comme le patron de Saniboxx Eric Peltier qui confirmait sur LCI il y a quelques mois « Si une personne arrive contaminée et passe dans la machine, puis enlève son masque et tousse, elle va risquer de propager le virus malgré tout ».

Les réserves des autorités sanitaires

Alors que les installations par quelques EHPAD ne sont nullement soutenues par les Agences régionales de santé concernées, la Direction générale de la Santé et le Haut conseil de la santé publique ont déjà rappelé la prudence que doivent susciter ces portiques, notamment en raison de l’absence de preuves de leur innocuité. La Direction Générale de la Santé a ainsi observé « les données scientifiques à ce jour ne sont pas suffisantes pour confirmer l’efficacité de ces procédés. De plus, un tel dispositif de 'portique' pourrait donner un sentiment de sécurité non fondé et inciter indirectement à relâcher l’attention des gestes barrière. Les personnes non symptomatiques peuvent transmettre le virus, même après un passage sous le portique ». Le HCSP avait pour sa part recommandé en juillet : « La littérature scientifique concernant la désinfection de surfaces ou de l’air contaminés par le virus SARS-CoV-2 par ces procédés est assez limitée, ce qui ne permet pas au HCSP de définir la place et l’intérêt de ces procédés spécifiquement envers ce virus dans ces types de situations. Le HCSP recommande de mettre en place sans délai un groupe de travail interdisciplinaire chargé d’examiner les indications pour de nouvelles utilisations de ces procédés de désinfection et de rédiger des protocoles d’usage garantissant leur efficacité et leur innocuité. Des études et recherches devraient également être conduites concernant ces procédés de désinfection envers le virus SARS-CoV-2. Le HCSP recommande, par ailleurs, de ne pulvériser en aucun cas des produits désinfectants sur des personnes dans un tunnel ».

Aurélie Haroche

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Vos réactions (1)

  • Cpias île de France et négativisme

    Le 24 avril 2021

    Il persiste à négliger les aérosols et ne pas le reconnaître depuis le début alors que prévenu au sein de leur équipe !

    Dr Yannick Decruyenaere

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