Quelle rupture de stocks n’a pas fait la une ?

Paris, le vendredi 5 juillet 2019 - On constate une progression ces dernières années des ruptures de stocks de médicaments. Les raisons de cette situation sont multiples et les solutions déployées par les pouvoirs publics paraissent insuffisantes pour répondre à un mal chronique. Si certains cas sont assez largement médiatisés (comme ce fut récemment le cas des pénuries de corticoïdes), d’autres demeurent ignorés, bien que les difficultés perdurent depuis de nombreuses années.

Alternative disproportionnée

C’est le cas de l’amétycine, traitement indiqué dans les tumeurs non-infiltrantes de la vessie, recommandé pour restreindre le risque de récidive. Or, depuis 2011 selon la Ligue contre le cancer, les patients ont été confrontés à de multiples situations de pénurie qui retardent les traitements. Face à la diversité des obstacles rencontrés dans la dispensation de ce médicament, les responsables ne cachent pas une certaine lassitude. « Sur ce type de médicament, on ne sait pas d'où vient le souci » assure ainsi Amandine Courtin de la Ligue contre le cancer. Les réponses proposées par l’ANSM ne sont pas parfaitement satisfaisantes : les importations notamment mettent à la disposition des équipes des médicaments dont le profil de tolérance et le mode d’administration ne sont pas parfaitement semblables à ceux de l’amétycine ce qui représente une charge de travail supplémentaire pour les soignants. Par ailleurs, les cystectomies que certains préconisent semblent pour de nombreux spécialistes dont le professeur François Desgrandchamps interrogé par BFMTV une solution « disproportionnée ».

Aucune visibilité

Aussi, les patients demeurent dans l’attente, ce qui n’est pas sans susciter une certaine angoisse. Mais le petit nombre de malades concernés et le fait que la prise de ce traitement n’a pas d’impact direct sur le pronostic vital pourraient expliquer l’absence de visibilité de ce problème, tandis que le faible coût du médicament n’est probablement pas étranger à la trop faible réactivité des acteurs concernés.

M.P.

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