Quelles sont ces "choses qui ne peuvent pas être couvertes" ?

Ryad le samedi 11 mai 2013 - Elle a fait le buzz. Sur les médias du monde entier et sur les forums. Elle, c'est cette image choc choisie pour la première campagne nationale de lutte contre la violence conjugale par une institution qui ne se manifestait pas jusqu'ici par l'audace de ses positions ou de sa création. Nous voulons parler de la Fondation Khaled (ou Khalid), du nom d'un défunt fils (et successeur) du fondateur de la dynastie  régnante en Arabie Saoudite.

Cette photo d'une jeune femme recouverte d'un niqab qui laisse entrevoir un hématome périorbitaire gauche est accompagnée du slogan: "Certaines choses ne peuvent être couvertes. Combattons ensemble les violences faites aux femmes."

Derrière son apparente simplicité cette campagne marque les esprits. Sans doute car son visuel, comme celui de bien des campagnes réussies, peut être décrypté de diverses manières.
Au premier degré, il s'agit, comme l'annonce la base line, de dénoncer les violences dont sont victimes les femmes, en Arabie Saoudite peut-être plus qu'ailleurs. Rappelons à cet égard que les saoudiennes n'ont toujours pas le droit de conduire et que selon le baromètre établi par le Global Gender Gap Report en 2012 le royaume occupe la 131e place sur 148 en matière d’égalité homme-femme.

Mais au delà de ce message auquel tous dans ce pays, y compris les autorités religieuses et la famille royale, peuvent adhérer, les créatifs qui ont imaginé cette campagne ont peut-être souhaité aller beaucoup plus loin que les responsables de la Fondation. Et nous signifier de façon subluminale que la coutume et le niqab ne pourront pas masquer indéfiniment les mauvais traitements dont sont victimes les femmes saoudiennes. Voire, que le voile intégral lui même est déjà en soi une violence. 

Dr Céline Dupin

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