Qu’est-ce qui est jaune, mesure une trentaine de centimètres ...et pourrait sauver des vues ?

Paris, le samedi 28 juin 2014 – Les plantes génétiquement modifiées ne sont pas perçues partout comme une dérive dangereuse pour les écosystèmes et la santé. Au-delà des industriels qui n’ont pas tardé à mesurer les gains potentiels associés aux OGM, beaucoup, depuis de nombreuses années, s’intéressent à leurs atouts dans la lutte contre la malnutrition. Parmi les projets qui suscitent le plus d’intérêt, figurent les OGM enrichis en vitamines A. Les carences en vitamines A tueraient en effet chaque année entre 650 000 et 700 000 enfants dans le monde et provoqueraient la cécité de 300 000 autres. Face à ce fléau, plusieurs équipes tentent de concocter un OGM qui permettra de limiter les ravages de cette carence. Des chercheurs australiens de la Queensland University of Technology ont ainsi élaboré une banane génétiquement modifiée dopée en vitamine A, dont les premiers essais cliniques devraient être prochainement lancés après le feu vert des autorités américaines. Baptisée « Super Banane », elle a la particularité de présenter une forte concentration en carotène. Le projet, débuté il y a neuf ans et qui connaît aujourd’hui une étape décisive a suscité l’attention du philanthrope Bill Gates qui contribue à son financement à hauteur de 10 millions d’euros.

Un ex dirigeant de Greenpeace très sévère à l’encontre de son ancienne association

La banane, utilisée parce qu’elle est très répandue dans la région des Grands Lacs en Afrique n’est pas le seul « organisme » dont l'enrichissement potentiel en vitamine A est étudié. Des scientifiques suisses de l’Institut fédéral de technologie de Zurich conduits par Ingo Potrykus sont de leur côté parvenus à mettre au point un riz doré enrichi en vitamine A en utilisant le même processus que la Super Banane. Cependant, le développement de ce type d’OGM se heurte, comme les autres aux critiques de militants écologistes opposés à ce type de cultures. Mais tous n’ont pas la même perception des OGM fabriqués à des fins industrielles et ceux ayant un but humanitaire. Ainsi, Patrick Moore, ancien dirigeant de Greenpeace est aujourd’hui un fervent défenseur de la culture du riz doré et n’hésite pas à considérer son ancienne organisation comme coupable de « crime contre l’humanité » en raison de son opposition à ce type d’OGM.

Léa Crébat

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