Qu’est-ce qu’une taârija et par qui a-t-elle été utilisée cette semaine ?

Benslimane, le samedi 10 octobre 2020 – La manifestation est un art qui aujourd’hui doit se réinventer. Non seulement parce que les mesures destinées à éviter la circulation de SARS-CoV-2 partout dans le monde limitent les possibilités de rassemblements, mais aussi pour pouvoir plus sûrement se faire remarquer et ainsi avoir une chance de transmettre son message. C’est ainsi que l’on a vu ces dernières années se multiplier les sit-in et autres flashs mob, c’est-à-dire des événements plus ou moins spectaculaires destinés à attirer l’attention. Le docteur Younès Sihalla a pour sa part choisi cette semaine une méthode peu conventionnelle et probablement inédite : le recours à une taârija.

Anti Ségur

A l’aide de ce tambour, populaire au Maroc, Younès Sihalla (hôpital de Benslimane) s’est lancé dans une protestation dansante. Sa démarche a rencontré un réel succès, comme en témoignent les échos de la presse marocaine, ce qui lui a permis de délivrer son message. Médecin hospitalier depuis 24 ans, il dénonce le mépris et les multiples vexations du gouvernement. Dernière en date : son dernier salaire a été amputé de 3 000 dirhams marocains (270 euros environ), afin d’abonder le fonds Covid, tandis que la prime mensuelle de 1000 dirhams (90 euros) auparavant promise n’a jamais été versée. Au-delà de cette « méprise » ponctuelle, le docteur Sihalla dénonce le discours des autorités, renvoyant constamment la responsabilité des failles du système de santé public sur les insuffisances des personnels soignants. Cette situation n’est aujourd’hui pas sans conséquence : aujourd’hui, les jeunes médecins hospitaliers n’hésitent pas à déserter le secteur public, préférant le privé (comme en France penseront certains de nos lecteurs). Pour le Dr Younès Sihalla, il est temps que, le roulement des tambours, incite le gouvernement à prendre ses responsabilités.

Léa Crébat

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