Qui a dit : « Nous ne nous permettons pas de donner du caviar alors que nous n’avons pas assez de pain » ?

Bucarest, le samedi 16 mars 2013 – L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a publié cette semaine un rapport relatif à l’état de santé en Europe qui inclut 53 pays et 900 millions de personnes. L’agence onusienne souligne l’existence d’importantes disparités dans cette région. Le tableau présentant les espérances de vie à la naissance suffit de s’en convaincre : les quinze pays qui ferment la marche sont tous des états d’Europe de l’Est.
L'exemple de la Roumanie est particulièrement éloquent.

Des traitements en voie de disparition

Ici, les « indicateurs » santé sont désastreux par rapport au reste de l’Union européenne. Pas étonnant quand on sait que le budget alloué à la santé ne dépasse pas 4,5 % du produit intérieur brut, contre une moyenne de 10 % en Europe. Cette faiblesse de moyens reflète le désintérêt des pouvoirs publics pour les questions de santé. Pas question donc d’espérer pour les malades du cancer l’accès à des traitements innovants. La situation tend même à se dégrader : ces dernières années une vingtaine de médicaments cytostatiques, hier accessibles dans certains grands centres hospitaliers roumains sont devenus introuvables. Réponse du secrétaire d’Etat à cette situation : « Nous ne nous permettons pas de donner du caviar alors que nous n’avons pas assez de pain » a lâché Adrian Pana aux reporters de l’AFP.

Mesures pansements

Le Premier ministre, Victor Ponta se montre un peu plus sensible et a débloqué 800 000 euros pour l’importation de médicaments introuvables actuellement. Mais les patients jugent cet effort totalement insuffisant : « Il ne suffit pas d’approvisionner les hôpitaux pour un mois ou deux, il faut trouver une solution durable pour ne plus contraindre les malades à se procurer eux-mêmes les médicaments » exhorte ainsi Olga Cridland, présidente de l’association Pavel dédiée aux enfants souffrant de cancer. En attendant une improbable réponse du gouvernement, les malades usent du système D : des réseaux de bénévoles se sont constitués pour faciliter l’accès à certains traitements achetés à l’étranger. Mais surtout les malades meurent.

Aurélie Haroche

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