Qui a dit : « Quand on dérembourse la contraception pour prendre en charge à 100 % l’IVG, c’est un mauvais coup pour les femmes » ?

Paris, le samedi 23 mars 2013 – Il n’est pas impossible que le ministre de la Santé, Marisol Touraine ait atteint un point de non retour. Car, ses actions, quelles qu’elles soient, paraissent devoir toujours nourrir le feu des critiques venant de toute part. Après la gestion contestée de la crise des pilules de troisième génération et alors qu’on la dit peu attentive aux questions de santé publique, le ministre pouvait pourtant espérer s’attirer de bonnes grâces en annonçant que l’Interruption volontaire de grossesse (IVG) serait à partir du 31 mars remboursée à 100 %. A l’exception des opposants historiques à l’avortement, il y avait en germe dans cette disposition de quoi satisfaire ceux qui depuis longtemps militent pour un meilleur accès à l’IVG.

L’IVG n’est pas une expérience positive !

Mais voilà que cette mesure intervient parallèlement à l’entrée en vigueur du déremboursement de toutes les pilules de troisième génération. Une concordance fâcheuse qui laisse au professeur Israël Nisand, qui s’est pourtant toujours présenté comme un homme de gauche (mais qui ne mâche pas ses mots contre le ministre) une analyse sévère. « Quand on dérembourse la contraception pour prendre en charge à 100 % l’IVG, c’est un mauvais coup porté aux femmes à qui l’on fait croire que l’IVG serait moins dangereuse que la pilule ! (…) L’IVG n’est pas une contraception. On voudrait nous faire croire que l’IVG est une expérience positive pour la femme, ce n’est vraiment pas le cas. J’ai rencontré des femmes qui pleuraient encore en évoquant vingt ans après leur IVG » tempêtait-il il y a quelques jours dans les colonnes du quotidien breton, le Télégramme. Pour ce gynécologue obstétricien, il serait bien plus utile de se concentrer sur l’amélioration de l’accès à la contraception. Or, si le ministre a bien annoncé parallèlement que les modes de contraception aujourd’hui pris en charge par la Sécurité sociale seraient prochainement gratuits pour les mineures, cette mesure exclut les pilules de troisième génération, qui bien qu’en diminution, sont encore très fréquemment prescrites. Israël Nisand affirme que les premières conséquences de cette gestion de la crise sont déjà visibles. « Le nombre d’IVG va certainement augmenter au cours des premiers mois de 2013 » assure-t-il.

Léa Crébat

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