Qui est Ata ?

Stanford, le samedi 18 mai 2013 – Pour les ufologues, « Ata » était un cadeau tombé du ciel ou plutôt d’une autre planète. Le mini squelette de 15 centimètres, présente un crâne anormalement allongé et une paire de côte absente, autant dire une silhouette de science fiction. Retrouvé il y a dix ans par un archéologue amateur dans le désert d’Atacama (Chili), « Ata » est depuis présenté par les ufologues comme la preuve de l’existence des extraterrestres. La thèse a même été exploitée à l’extrême dans un documentaire diffusé fin avril aux Etats-Unis et produit par un gourou de l’ufologie, le Dr Steven Greer, ancien médecin urgentiste.

Ata, un homme comme les autres

Pourtant, « Ata » est tout ce qu’il y a de plus humain. Professeur de microbiologie et d’immunologie à l’Université de Stanford (Californie), le docteur Garry Nolan, intrigué par les rumeurs autour d’Ata a obtenu de pouvoir pratiquer sur lui des tests ADN. Pas de doute, « Ata » appartient bien à l’espèce humaine. Il pourrait même, contrairement à ce qu’avait initialement supposé Garry Nolan avoir disparu à une époque moderne.

Nanisme, progéria ou juste un fœtus ?

Fin du mystère ? Pas tout à fait. Comment expliquer l’extrême petitesse d’Ata ? Réponse simple de William Jungers, anatomopathologiste au Stony Brook University Medical Center de New York cité par Science Now, Ata est le squelette d’un fœtus ou d’un enfant né très prématurément, comme en attestent par exemple l’immaturité des os des mains et des pieds. Garry Nolan et Ralph Lachman cofondateur et directeur du Skeletal Dysplasia Registry au Cedars-Sinaï n’en sont pas si sûrs. « Si l’on se base sur les caractéristiques standards des épiphyses des genoux, le spécimen a atteint un âge compris entre six et huit ans » explique ce dernier. Il faudrait alors envisager qu’Ata ait souffert d’une forme de nanisme extrêmement rare, ce que pourrait corroborer la découverte d’autres squelettes minuscules. On pourrait également envisager que dès sa vie utérine, Ata « ait souffert d’une forme inconnue de progéria. Mais selon moi cette probabilité est très faible », ajoute Ralph Lachman. Bref, les investigations se poursuivent et Garry Nolan a indiqué qu’il ne publierait ses résultats qu’après avoir compilé le plus de données possibles. Il attend notamment les résultats d’une analyse du squelette par spectrométrie de masse. En attendant la publication des travaux de Gary Nolan, sur la toile, les ufologues demeurent convaincus qu’Ata est la preuve que leurs lubies n’en sont pas. Mais d’autres commentateurs leurs disputent la vedette : ceux qui subodorent un canular scientifique. Affaire à suivre.

Aurélie Haroche

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