Qui n'a toujours pas de dents mais des émotions ?

Tokyo, le samedi 21 octobre 2023 - Une équipe de chercheurs de l'Université de Tokyo semble avoir franchi une étape significative dans la compréhension des émotions aviaires grâce au développement d'un dispositif d’intelligence artificielle (IA). Cette IA, baptisée « Deep Emotional Analysis Learning » (DEAL), aurait la capacité de décrypter les émotions des poules et des coqs en se basant sur leurs vocalisations.

Il revient au Professeur Adrian David Cheok, déjà connu pour ses contributions à des domaines de recherche aussi variés que les interactions homme-machine et les robots sexuels, d'avoir piloté cette étude publiée sur la plateforme de pré-print (non relue par les pairs) Research Square.

Pour comprendre le langage émotionnel des volailles, les chercheurs ont fait équipe avec huit experts en comportement animal (et en caquètements !), notamment des psychologues animaliers et des vétérinaires. Ces spécialistes ont associé des sons émis par les gallinacés à des états émotionnels spécifiques, contribuant ainsi à former l'IA à leur interprétation.

Poule sentimentale

Après près de 100 heures d'entraînement sur des enregistrements de poules, l'IA aurait ainsi atteint une précision d'environ 80 % dans la détection des émotions aviaires, ce qui peut paraître relativement faible si l’on considère la palette peu étendue des sentiments exprimés dans les basses-cours ! Pas mu par l'appât du gain, le Professeur Cheok envisage d'offrir cette technologie gratuitement aux éleveurs sous la forme d'une application qui permettrait une analyse en temps réel des vocalisations des volailles, fournissant aux agriculteurs des informations nécessaires pour ajuster leurs pratiques d'élevage et garantir un meilleur bien-être pour les animaux.

Les chercheurs reconnaissent néanmoins quelques limites : la signification des caquètements pourrait changer selon l'espèce de poule, ce que le logiciel ne serait pas capable de détecter. Pour pleinement saisir l'état émotionnel des animaux, il faudrait aussi comprendre leur langage corporel, beaucoup plus complexe à décrypter selon les auteurs.

Reste que selon les zélateurs de ce dispositif  , en identifiant des sentiments tels que la faim, la peur ou la joie, cette innovation pourrait non seulement améliorer la qualité de vie des volailles, mais également optimiser la production agricole. En effet, un animal en bonne santé et bien traité serait plus productif et résistant aux maladies. Le Pr Cheok juge même que cette technique pourrait être adaptée à d'autres animaux et « créer un précédent pour d'autres études sur la communication inter-espèces pilotée par IA ».

On attend donc avec impatience l'IA qui permettrait aux hommes de se comprendre entre eux.

F.H.

Copyright © 2023 JIM SA. Tous droits réservés.

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article