Qui ne veut plus se faire des cheveux ?

Paris, le samedi 16 septembre – Au paradis de la victimisation, une nouvelle proposition de loi inattendue a vu le jour : un texte qui entend sanctionner la « discrimination capillaire ».

Dans leur exposés des motifs, Olivier Serva (député LIOT de Guadeloupe) et une cinquantaine de députés de tout bord s’étonnent : « alors que les discriminations liées au style et à la texture capillaires sont des problématiques largement traitées aux États‑Unis et au Royaume‑Uni, ces dernières sont largement ignorées en France ».

Ils rapportent le cas d’un steward salarié chez Air France qui a été sanctionné pour avoir refusé de se conformer au règlement de la compagnie qui prévoit : « les cheveux doivent être coiffés de façon extrêmement nette (…). Les coiffures doivent garder un aspect naturel et homogène. La longueur est limitée dans la nuque au niveau du bord supérieur de la chemise. »

Face à ce cas qui rappelle les affaires Callas ou Dreyfus, nos parlementaires chevelus ou moins chevelus soulignent : « selon une étude menée (…) aux États‑Unis 2/3 des femmes afro‑descendantes changent de coiffure avant un entretien d’embauche ». Pire ! Michèle Obama, caution morale de ce débat s’est plainte qu’elle « s’était sentie obligée (sic) de se lisser les cheveux pendant les huit ans de mandat de son époux ».

Chauve de tous les pays, unissez-vous !

Mais l’horreur ne s’arrête pas là, les députés rapportent : « en Grande‑Bretagne, une étude réalisée en 2009 montrait par exemple qu’une femme blonde sur trois se colorait les cheveux en brun afin d’augmenter ses chances professionnelles et d’avoir l’air plus intelligente en milieu professionnel ». Si même les blondes sont concernées on ne peut que reconnaître, comme le soulignent les auteurs, que cette discrimination représente « un facteur de stress permanent ». Ils suggèrent donc, que les victimes bénéficient d’un cadre juridique précis et soit protégés par le code pénal.

Or, la loi prévoit déjà, entre autres que « constitue une discrimination toute distinction opérée entre les personnes physiques sur le fondement de leur origine, de leur sexe, (…) de leur apparence physique, (…), de leur appartenance ou de leur non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une Nation, une prétendue race ou une religion déterminée ». Dans l’affaire du Stewart la Cour de cassation s’était d’ailleurs appuyée sur ce texte pour juger que la Compagnie Air France commettait une discrimination en lui interdisant de porter des tresses africaines.

Cet art de mener un combat gagné d’avance (voire déjà gagné) n’occultera pas le plus choquant : pas un mot pour les chauves et dégarnis de tout poil, oubliés des oubliés.

F.H.

Copyright © 2023 JIM SA. Tous droits réservés.

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article