Qui perçoit encore l'homosexualité comme une maladie ?

Paris, samedi 29 juin 2019 – Régulièrement, la presse évoque comment des cliniques et centres médicaux continuent à proposer des traitements censés "guérir"  l’homosexualité. Répandues dans les pays où l’homosexualité est juridiquement condamnée, ces offres de thérapies existent également ceux où les homosexuels peuvent pourtant pleinement participer à la vie sociale et citoyenne. Cependant, elles pourraient connaître de moins en moins de succès, notamment en France où l’assimilation de l’homosexualité à une maladie est devenue aujourd’hui marginale.

42 % des Français voyaient l’homosexualité comme une maladie en 1975

Tel est un des nombreux enseignements d’une enquête réalisée par l’IFOP pour la Fondation Jasmin Ray – Sophie Desmarais, qui confirme qu’une large majorité de la population considère aujourd’hui l’homosexualité comme « une manière comme une autre de vivre sa sexualité » (85 % des Français partagent cette conviction). Ainsi, aujourd’hui, seuls 8 % des Français perçoivent l’homosexualité comme une pathologie pouvant potentiellement être « soignée », alors qu’ils étaient 42 % en janvier 1975, 25 % au printemps 1986 ou encore 16 % en 1996.

Le niveau d’éducation a un rôle central

Chez les personnes se présentant comme hétérosexuels, les hommes sont plus nombreux que les femmes (19 % vs 12 %) à envisager le fait d’avoir des relations sexuelles et amoureuses avec une personne du même sexe comme une affection médicale. On relève par ailleurs que cette idée est plus ancrée chez les plus jeunes (20 % des moins de 25 ans) et chez les plus âgés (19 % des plus de 65 ans) que dans les autres tranches d’âge (9 % "seulement" des 50 à 64 ans par exemple assimilent homosexualité et maladie). Un niveau d’éducation élevé paraît par ailleurs diminuer la probabilité d’une telle conviction, ce qui se reflète également quand on se penche sur les catégories socio-professionnelles. On relèvera encore que les populations rurales sont moins susceptibles de nourrir une telle idée que ceux résidant en ville, tandis que les personnes indiquant vivre dans une "banlieue populaire" font le plus fréquemment le lien entre maladie et homosexualité (21 % vs 10 % pour ceux habitant dans une ville isolée).

Une conviction toujours ancrée chez les musulmans

Le fait de compter un homosexuel dans son entourage peut nettement influencer le jugement : 28 % des sondés qui disent ne pas connaître d’homosexuel parmi leurs proches voient cette sexualité comme une maladie, contre 7 % de ceux dont un membre de la famille est homosexuel et 8 % de ceux dont un ami l’est également. On observera encore que l’idée est plus fréquente chez les électeurs de François Fillon et de Marine Le Pen (19 %) que chez ceux d’Emmanuel Macron (9%), Benoît Hamon (10 %) ou Jean-Luc Mélenchon (13 %).

Mais ces différents clivages sont nettement moins marqués que ceux associés à la religion : seuls 10 % des hétérosexuels athées sont prêts à dire que l’homosexualité est une pathologie, 14 % des catholiques (20 % chez les catholiques pratiquants) et 63 % des musulmans.

Aurélie Haroche

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